paroles de blogueurs
7 Paroles de blogueurs (1)
© Zoridae - 25.05.08 | 00:16
Ainsi quand je vois les Mélanchonistes (par exemple) critiquer les Strauskahnien (par exemple) parce qu’ils portent des caleçons à rayure alors que les caleçons à poids sont beaucoup plus jolis, je trouve toujours qu’ils le disent trop violemment et que ça passe pour une insulte, une grave critique."
"Nue comme un ver, précautionneusement étendue sur moi, pour respecter la fragilité de mon corps, nos deux sexes moites et repus en contact l’un avec l’autre, les jambes enlacées, étendues elles aussi, en travers du lit, elle a chuchoté dans mon oreille : « je m’allongerai à coté de toi et j’attendrai que ça passe. Tout passe, même la mort »."
Eric Chevillard :
Je me souviens de ces moments dramatiques et pénibles où, assise petite fille au piano pour dérouler une invention de Bach ou bien une Fantaisie de Mozart, mes doigts butaient sur une difficile combinaison mal intégrée dans leur mémoire. J'étais alors incapable de "sauter" et passer à la suite, et devais plutôt reprendre dès le début avec le risque d'avoir surtout mémorisé le blocage au même endroit, invariablement.
Je suis faite pour la course de fond : ne pas s'arrêter surtout et continuer sans relâche."
"Les phrases de Julien Gracq s’enroulaient autour de moi, une par une, belles, impénétrables pour la plupart. A la page 42, je me sentis étouffer. J’eus beau me moquer un peu, rebondir à coté du sens comme une charmante idiote, la voix de mon homme semblait ne plus pouvoir s’interrompre. Une litanie exaltée, voilà ce que je subissais, alors que d’autres femmes dans d’autres lits, s’endormaient paisiblement après avoir joui une fois, deux fois, trois fois. Misérable injustice.
A la page 54, je relevai ma nuisette et m’assis sur sa bouche, pour qu’il se taise. Juste pour qu’il se taise.
Et il se tût."

