culture
Récit d’éveil de gilbert anken : au printemps de l’éternité
© visiteur - source choix-realite.org - infos
13.03.08 | 01:06
En juillet 1976, je feuilletais le Tao-Te-King (traité sur le Principe et son action), ouvrage chinois de Lao-Tseu, écrit voici vingt-cinq siècles, dont le sujet évoque le Principe originel ou Tao et sa force productive, Teï, mère de l’univers.
Cette approche du monde fut tellement inédite pour moi que je perdis tous mes repères intérieurs et fus jeté, vide, sur la rive de l’inconnaissable. Je posai le livre et, par la fenêtre, contemplais le crachin monotone bruinant sur l’église Saint-Mathieu à Quimper, quand soudain l’éveil me saisit. La pensée s’arrêta. Dans ce corps figé, une immobilité intérieure totale se fit. Un silence insondable m’engloutit. Un flot transparent de conscience et d’amour imprégnait tout dans le champ de vision. On ne sentait aucune mesure, aucune limite, aucune séparation. Instant absolu d’atemporalité. Plénitude, béatitude, liberté, plus rien ne manquait…
Et d’écrire : Je pleure d’une immense joie : le ROC est touché. Croyant nager à la recherche du rocher salvateur, voici que je SUIS ce rocher. Dans cette recherche, je courais à l’Être. La paix est au Non-Être, pas théoriquement, mais vraiment : quand je ne suis plus rien, alors je peux être un avec tout; immobile dans la course, immobile dans l’amour. Non-agir… pour mieux agir… Non-aimer pour mieux aimer. Que de vérité!
Je me demandais pourquoi l’humilité? Et aujourd’hui c’est clair : n’être rien. Être devenu rien, tout s’accomplit à travers ce corps-ci, sans l’interférence de la personne peureuse et désireuse. La vie éclate alors de ses milles énergies!! Le cauchemar est fini. Le temps est arrêté, à présent, laid ou beau, riche ou pauvre, sain ou malade, que reste-t-il pour souffrir encore ? Personne.
Tant et tant de préceptes, de commandements, de permissions et surtout d’interdits, de dualités pavaient mon chemin intérieur que le Tao-Te-King, dans sa limpidité naturelle est venu volatiliser tous ces conditionnements, Relier les paires de dualités, le chaud parce que le froid, le mal parce que le bien, le bien parce que le mal, le riche parce que le pauvre, le plaisir parce que la souffrance, le désir parce que la peur, la peur parce que le désir… tout cela s’est articulé dans cette conscience brusquement infinie pour ne laisser qu’un champ vierge et transparent, une lumière intérieure doucement teintée d’amour, de compassion, d’une subtile radiance bienveillante, d’un sentiment de totale perfection.
Un rire joyeux se jouait de mes lourdes tentatives de comprendre Cela, l’inaccessible, de mes méditations préhensives qui voulaient forcer la porte du Nirvana. Il n’y a que l’abandon, le si mal compris et surexprimé «lâcher-prise» qui ouvrent la porte du Nirvana, en effet. Mais je vous avoue que je n’étais pas vraiment dans une démarche de lâcher-prise, mais juste concentré à comprendre cette dualité. Et c’est l’assemblage du puzzle duel qui me révéla (ce que je ne savais pas encore se nommer) la Non-Dualité. Le Tao m’était si nouveau à l’esprit que nul réseau ne venait enchaîner un envol vers l’inconditionné. Comment un tel esprit venait-il d’être touché par la Grâce? Peut-on seulement parler de Grâce? N’est-ce pas simplement le Hasard?…
Cet Éveil semble sans cause, tellement loin de notre volonté et de nos capacités individuelles. Oui, on ne peut que constater sa propre impuissance en face de Cela. Mon regard était neuf, tel un nouveau né. Une nouvelle naissance, oui; on peut dire cela. Et ce poids du passé, tous ces conditionnements sont soufflés comme une simple bougie par l’Éveil Soudain. Mille ans d’erreur sont dissipés en une seconde… Quel jeu, cette vie… Comme dit le Shin Jin Mel, «une fleur de vacuité… pourquoi souffrir pour saisir cette illusion ?»
La particularité de cette révolution intérieure est qu’elle est incompréhensible. Ce que l’on cherche est ce que l’on EST depuis l’origine, sans le savoir, mais plus bizarrement encore, elle se livre dans un non-savoir, dans un vécu qui déconnecte toute tentative d’analyse et de compréhension intellectuelle. «On» ne comprend rien. Réellement. Cela se saisit Soi-même dans une Union parfaite et absolue. Aucune trace d’illusion. Aucune trace d’ignorance non plus. Plus aucune ombre de Cela. Les tribulations humaines semblent des rêves d’enfants dans une cour d’école. Si le temps arrêté nous délivre de l’âge, il nous livre l’alpha et l’oméga de tout ce qui est et sera à jamais. Nous sommes enfin libres de ne rien faire. Il n’y a plus rien vers quoi tendre. Quelle paix! Mais quelle peur pour les troublions de l’activisme impénitent!! Il faut souvent qu’ils tombent pour entrevoir cette voie du milieu, du non-savoir, du non-être, du non-devenir et du non-agit…
Tiré de «Le bonheur est en Soi» (version 30/1/2005), inédit de Gilbert Anken
par joss
Tags : culture
Journaux : choix-realite, absolument
![]() culture" Mesure pour mesure " de William Shakespeare à la MC.93 de Bobigny© Theothea.com - Il y a 15 heures | ||
![]() imageDépistage des comportements à risque chez les enfants© laplote - Il y a 15 heures | ||
![]() politiqueJeux d'enfants massacreurs au collège : le petit pont fnit à l'hôpital© victordesepausy - Il y a 11 heures | ||
![]() bioLe salon Pollutec : des solutions pour une "croissance verte" ?© Gilles Roman - Il y a 15 heures | ||
ecoLocation de vacances : voyage en Chine, le nouvel El Dorado ?© anna - Il y a 16 heures | ||
![]() cultureLiteralia.Tv, une chaîne de télévision internet dédiée à la littérature© clements - Il y a 12 heures | ||
![]() politiqueTraque anti-drogue au collège : l'intervention qui dégénère© victordesepausy - Il y a 14 heures | ||
![]() videoLes pauvres© JoëlP - Il y a 15 heures | ||
![]() cultureBeedle le barde : 8 millions d'exemplaires et une expo à New York© clements - Il y a 15 heures | ||
![]() culturePolar et justice : L'Opus Dei en croisade judiciaire contre Camino 999© cecilem - Il y a 13 heures | ||





Journaux
Imprimer











