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San Iker I, rey de España

© Tristelune - source Parlons Foot, le blog du - infos
23.06.08 | 10:49

Ou simplement capitaine. Et peut-être depuis hier, meilleur gardien du monde. Oui, au final, ce match s’est décidé aux tirs aux buts, mais les différentes interventions des gardiens durant 120 minutes auront défini le devenir de la partie. Les deux meilleurs face-à-face, un prévisible 0-0 ? L’Italien a toujours inexplicablement joui d’un petit plus de prestige. J’ai longtemps cherché la raison et j’ai fini par conclure que l’excentricité de M. Buffon le rendait plus “séduisant” aux yeux du profane que la tranquillité d’un Iker et son image de gendre idéal. Je suis heureux pour le gardien madrilène, car le monde aura pu voir de ses yeux qu’il est aussi talentueux que Gigi, mais que ses réflexes sont bien plus affûtés, même quand il “dort” pendant 40 minutes.

L’Espagne a mis fin à la malédiction des quarts et du 22 juin. Elle a battu la puissante Italie en match officiel après 88 ans (!). Et plus important encore, elle n’a jamais renoncé à son style, au ‘tiqui-taca’, au toucher du ballon et au risque d’abuser des attaques placées. En face, Donadoni a disposé une équipe très… italienne. La consigne était de laisser l’initiative aux Espagnols et de défendre sa zone en serrant les dents, puis une fois le ballon récupéré , le lancer en avant et chercher la tête de Toni. Toujours Toni, quoiqu’il arrive. Avec une telle mentalité, nous n’avons vu qu’une équipe sur le terrain et le but se faisait attendre, se laissait désirer, toujours très proche. Les changements d’Aragonés ont rendu l’Espagne plus verticale en deuxième mi-temps, alors que Donadoni, dans un sursaut de lucidité, faisait entrer Del Piero pour soutenir le gros travail de Luca Toni. Il y eut un ou deux bons moments des Azzuri en fin de partie qui ont titillé les vieux démons de la ‘Roja’, mais la chaleur aidant, la responsabilité de la qualification a fini par retomber sur les épaules des deux gardiens.

Jetons un oeil aux différentes lignes.
En défense, avantage aux Italiens autant par le dispositif en place que par un Chiellini énorme hier soir et même si Grosso n’a que rarement arrêté un Silva inspiré. Côté espagnol, Puyol et Marchena ont fait un très bon match. Ramos a parfois laissé le latéral trop à découvert. La faute au double marquage sur Toni.
Au milieu, avantage ibérique. Gros travail de Senna qui fait un magnifique Euro, présent en défense comme en attaque. Xavi et Iniesta ont beaucoup aidé à la circulation du ballon, mais ont rarement trouvé la faille dans la défense transalpine. L’entrée de Cazorla ne sera qu’anecdotique, tout au contraire de celle de Fabregas qui transformera le jeu de son équipe. L’Espagne a dès cet instant beaucoup gagné en verticalité. Aragonés devrait peut-être penser à le titulariser lors du prochain match. Cela pourrait être décisif face à la nouvelle version de la Russie. Côté italien, gageons que Toni aura beaucoup regretté l’absence de Pirlo, seul joueur vraiment créatif qu’Aquilani n’aura pas su remplacer.
En attaque, match nul. Un Villa toujours très mobile, cherchant la petite “bête” aux défenseurs italien, mais ne prenant pas toujours les meilleurs décisions. Un Torres moins incisif, coincé par la pression défensive et qui n’aura que très peu utilisé sa pointe de vitesse. L’entrée de Güiza fut à l’image de celle de Cazorla. Très inutile. Côté azzuri, Luca Toni aura quitté l’Euro sans marquer. Néanmoins, il aura laissé une impression de puissance et de solidité assez remarquable. Il aura tout de même fallu un double marquage pour arrêter le canonnier italien. Cassano a surtout fait beaucoup de bruit. Malgré quelques actions intéressantes en début de partie, il se sera finalement dilué dans la défense ibérique. Del Piero a probablement fait son entrée trop tard.
Et pour finir, dans les cages, que dire d’autre ? Avantage à Casillas qui aura rendu une copie quasi sans faute (et si ne pas arrêter deux penaltys est considéré comme une faute). Très bon match de Buffon aussi, même s’il a frôlé “l’arconada”, mais nettement moins heureux lors des tirs aux buts.

Après les champions d’Europe, l’Espagne s’est défait des champions du monde. En demi-finale, les Ibères croiseront de nouveau la bande à Hiddink. Celle-là même qui s’était faite giflée 4-1 en début de compétition. Bien sûr, cette Russie n’aura rien à voir avec celle de jeudi. Le duo Arshavin-Pavlyuchenko posera sans doute plus de problèmes à Marchena et Puyol, mais les Russes joueront de manière moins hermétique que les Italiens, ce qui laissera plus d’espaces pour Villa et Torres. Un belle affiche en perspective.

Arriba España !

Photos : MARCA

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