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Serge Faubert / BakchichÉditionsDernière édition

« Touche pas à ma caisse, c'est tout ce qui me reste !

©  Serge Faubert / Bakchich -

On lui avait bien dit à Nicolas (Beau, pas Sarkozy) : « Toucher à la bagnole ? T’es dingue ! Pasqua, Chirac ou même BHL, d’accord. Mais la voiture… Ils vont sortir les fourches, tu verras ! »

Ca n’a pas manqué. Mais, bonne surprise, le débat se révèle à la fois passionné et passionnant. Car les arguments avancés sont du genre costauds. Surtout, ils ne basculent pas dans l’éternelle opposition entre les gentils écolos bobos et les vilains caisseux dans leurs vilaines poubelles. Lecteurs de Bakchich , vous êtes formidables (n’oubliez pas de vous abonner avant de quitter cet article, merci) !

Retour sur la pub d’UCAR. Flan essaie de comprendre pourquoi elle a suscité une polémique. Et son explication est assez pertinente : « Dans cette affaire, si l’humour ne fait pas vraiment mouche, c’est qu’il n’y a pas une, mais plusieurs raisons qui empêchent le public de le saisir :
 Pour faire ce type d’humour noir, il faut que l’on soit sûr que le public ne se méprise pas sur les intentions. Le "Salauds de pauvres" de Coluche ne choquait pas car on n’avait aucun doute sur le fond de sa pensée (idem pour Desproges qui maniait avec brio cet humour). En revanche, venant d’un industriel qui veut vendre un service, on ne peut que s’interroger sur le fond de la pensée de ce dernier et se demander si c’est à prendre au 2nd degré. »

Mais le fond du débat (louer plutôt qu’acheter ?) vous intéresse aussi : Lapin soulève une objection frappée au coin du bon sens : « En quoi la location d’une voiture est-elle plus écologique que l’achat ? Elles deviennent quoi, après usage, les voitures ? Elles disparaissent magiquement sans laisser de trace ? »

Certes. On peut cependant objecter que la possession d’un véhicule pousse souvent son propriétaire à l’utiliser en toutes circonstances, y compris lorsqu’il peut s’en passer. Bref, la location serait le moyen de restreindre l’usage à la seule nécessité. Et donc de diminuer le nombre total d’automobiles en circulation.

Les voitures de location sont les véhicules d’occasion de demain

Une argumentation que Fox malmène sérieusement : « Ce qui me fait marrer c’est que les loueurs, ils sont bien contents de revendre leurs vieilles voitures aprés qu’elles aient servies… C’est un cercle vicieux : si plus de gens utilisent des voitures de location, il y aura encore plus de voiture d’occasion car les sociétés de location s’en débarrassent au bout d’1 an…. Du coup, il y aura une augmentation de l’offre sur le marché des véhicule d’occasion et une diminution de la demande => une baisse des prix de vente => les gens abandonneront le système de location et acheterons une voiture d’occasion => retour au point de départ. »

Le raisonnement se tient. A cette restriction près que les loueurs parient sur le développement de l’usage. Plus il y aura de véhicules loués, plus les tarifs baisseront (enfin, on l’espère). Mais en l’absence d’étude de marché, difficile de trancher.

Ce qui vaut pour une grande ville comme Paris ne vaut pas forcément dans nos campagnes. C’est ce que tient à rappeler luis SÕLO  : « Avec pour revenu l’AAH, ma vieille guimbarde que j’entretiens moi même m’est bien utile pour me permettre de faire mes commissions, pour transporter mon fauteuil roulant dans mes déplacements. Elle est peut être un peu polluante mais grâce à elle, je survie… surtout quand on vit dans un village où il n’y a pas un seul commerce et aucune entraide surtout quand on est pauvre ».

Fabriquer une voiture neuve pollue

Et puisqu’il est question de pollution, Rocky interroge constructeurs et loueurs : « Pourquoi ne prend-on jamais en compte la pollution et la destruction des ressources naturelles générées par la construction d’une voiture moderne "pas polluante" à 20 000 euros ?  »

Faut-il entendre que Rocky prône l’arrêt des chaines automobiles, ou, en tout cas, leur ralentissement ? Le problème, c’est que les voitures ne sont pas éternelles.

Cependant, objecte jameswest on pourrait les conserver plus longtemps : « Tout cela est fait pour nous faire consommer de la bagnole (un comble alors que le pétrole devient un produit de luxe), sûrement pas pour une histoire écolo, le pdg d’ucar n’est pas un philanthrope, il plaide pour sa paroisse. Il est plus économique de garder sa vieille voiture, que d’en louer une, je possède un vieille berline française de 20 ans 300.000 kms au compteur, qui ne me coûte quasiment rien, ni en assurance, ni en réparation (quasiment jamais en panne, si ce n’est l’entretien habituel) ni en gazole… C’est un mensonge répété par les médias que de nous expliquer que les vieilles voitures coûtent plus chères en réparation, les voitutes neuves sont bourrées d’électronique (qui tombe souvent en panne) on ne peut plus foutre les pattes dessus. Qui touche le pactole dans cette histoire ? les vendeurs de bagnole et les garagistes et bien sûr les loueurs qui essaient de se faire leur place au soleil. Depuis une vingtaine d’années les constructeurs fabriquent des voitures de meilleure qualité qu’avant (les Français ont fait beaucoup d’efforts) ; elles ne rouillent plus et les vieux moulins diesels sont increvables, pourquoi changer une de ces petites merveilles qui parcourera allègrement les 500.000 Kms voire plus(diesel) et 300.000 (essence)si ce n’est pour faire tourner le commerce. »

La preuve, même Le Pen n’a pas réussi à venir à bout de sa voiture. Sa Peugeot 605 blindée, modèle 1992 -137 000 kilomètres au compteur - a été vendue pour 20050 € sur E bay. Même moribond, le FN n’en finit pas de polluer le pays…


© Serge Faubert / Bakchich : « Touche pas à ma caisse, c'est tout ce qui me reste !

Repris par Le Journal d'Odanel, Sud Républicain

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