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Croissance ou Inflation, il faut choisir
© Seb - source - infos
01.02.08 | 12:30
C'est un débat passionnant qui j'ai tenté de lancé au sein du Kiwis sans pourtant rencontrer un franc succès... A ce jour, seul mon confrère du Monde qui vient s'y est réellement attelé. Et c'est d'ailleurs avec brillo que celui ci expose son point de vue en saluant la froideur relative de Jean Claude Trichet aux manettes de la Banque Centrale Européenne. Pour tenter d'étudier cette question grâce à mes piètres connaissances économiques, il me semble nécessaire de fixer une nouvelle fois le décor.
La crise du crédit immobilier américain dite des "subprimes" est désormais bien présente et ses conséquences, bien qu'encore réellement inconnues, inquiètent les investisseurs. Si le point de départ de la crise fut la partie de poker entre établissements financiers, il n'en reste pas moins que ce n'est plus strictement la finance qui souffre de ce mal aujourd'hui. Le risque désormais se situe dans la capacité au non des établissements de crédit de se relever et de jouer, sans craintes aucunes, leurs rôles de financeurs des acteurs économiques. Qui nous dit en effet que demain, la banque x ne reverra t-elle pas ses conditions d'accès au crédit en ne sélectionnant plus que les dossiers à faible risque ? Quid alors des investissements, ou bien même de la consommation à crédit tant utilisée outre atlantique ? Nous le savons depuis peu, c'est principalement par ce biais là que la crise des subprimes va donner un sérieux coup de moins bien à nos croissances. A ce stade là de notre reflexion, il devient donc prépondérant de se questionner sur la stratégie à adopter. Comme le dit Challenges dans sa dernière édition, le bateau Fed et son capitaine Bernanke se sont empressés au chevet de la croissance US en abaissant les taux directeurs comme un super héros accourt pour sauver une jeune femme en danger. La BCE elle, est restée de glace en préférant surveiller l'inflation plutôt que de donner les coudées larges aux économies européennes.
Qui a raison, qui a tort ? Là est la question.
De son côté Bernanke n'a que trop raison, l'économie américaine est directement soumise à la crise des subprimes et l'étroite relation entre consommation et crédit aux Etats Unis ne laisse que peu de réflexion si l'on souhaite sauver la croissance. Et d'ailleurs les statistiques publiées cette semaine annoncent un tableau bien noir du point de vue de la croissance future. En abaissant le cout du crédit, Bernanke fait un geste envers les ménages et les entreprises tout en offrant le flanc à une possible inflation. Car avec un baril de Brent survitaminé et des matières premières (notamment alimentaires) exitées par la demande chinoise et indienne ou par les nouveaux besoins des "énergies renouvelables", les risques inflationnistes sont réels. Du côté de la BCE, Trichet préfère dresser le bouclier que de baisser la garde. En l'espèce donc, l'Union Européenne se veut plus libérale que le roi USA patrie du libéralisme économique ! La lutte contre l'inflation se veut prioritaire par rapport à la prospérité économique. En Europe, nous semblons vouloir privilégier des bases économiques saines, au risque de subir les ralentissements des autres... Dans sa logique pourtant, Trichet n'a pas totalement tord. Les risques inflationnistes sont bien réels et la puissance actuelle de notre devise européenne joue à plein son rôle d'amortisseur notamment pour ce qui est de l'importation de pétrole. Pourquoi donc prendre le risque de dévaluer l'Euro dans une situation actuelle d'extrême tension sur les couts des matières premières ? Aprés tout les établissements bancaires d'Europe ne furent que partiellement touchées par la crise (ou en tout cas en moindre mesure que les banques US).
Dans leurs manières d'aborder la crise, il me semble donc que les deux présidents des banques centrales défendent des arguments en tout points soutenables. La question est alors de savoir qui a raison ? Le court terme ne nous permettra pas de répondre arbitrairement à cette question. Car comme le dit mon confrère Kiwisien, les effets d'une manipulation des taux n'est pas immédiate. En observant les variations passées nous pouvons par contre nous rendre compte du relatif parallélisme de décision entre les deux banques centrales. La BCE réagit en fait globalement plus tard que la FED et surtout beaucoup moins fortement. En l'espèce, cette théorie serait donc encore une fois respectée dans la gestion de la crise des subprimes. De par sa position de leader économique mondial, les Etats-Unis (et sa banque centrale) se doivent donc de gérer les périodes de croissance et de récession plus vite, plus fort lorsque la BCE peut se contenter d'attendre puis d'adapter sa politique aux besoins de la machine économique. C'est en tout cas toute l'histoire des relations entre ces établissements, dernier rempart actuel contre la grosse dépression de l'oncle sam.
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