C'est quoi coZop ? Blog

S'enregistrer | Se connecter

739871 articles, 7769 sources, 123 journaux

politique

Rencontre du Premier ministre avec les médias nationaux : L’action gouvernementale passée au crible

© sahara - source - infos
03.07.08 | 10:00

C’est un Premier ministre confiant et radieux qui a reçu la presse lundi soir en sa résidence officielle de Rabat pour exposer l’action gouvernementale et répondre aux interrogations de la presse, 8 mois après sa prise de fonction.
Accompagné de Nizar Baraka et de Saâd Alami et de ses proches collaborateurs, Abbès El Fassi, en bras de chemise et rayonnant de fraîcheur, s’est déclaré satisfait du travail accompli jusqu’ici par le gouvernement et l’ambiance studieuse qui règne en son sein.

Non seulement il tient à battre en brèche toutes les rumeurs qui ont foisonné à propos d’un éventuel remaniement ministériel ou d’un quelconque problème de santé personnel, mais il ne tarit pas d’éloges sur le comportement de ses ministres et de leur implication résolue dans l’accomplissement du programme gouvernemental. Mieux, il proclame haut et fort que c’est bien lui qui dirige le gouvernement, en parfaite symbiose avec le Roi, sans interférences extérieures, contrairement à l’image qu’on veut donner de lui, celle d’un Premier ministre faible, face aux conseillers du Souverain.
Pour Abbès El Fassi, malgré la conjoncture internationale extrêmement difficile avec le renchérissement du pétrole et des matières premières, l’optimisme est de rigueur dans la mesure où l’économie marocaine se développe conformément aux projections de croissance pour la création de richesses et d’emplois.
Il a réitéré la résolution de tenir tous les engagements figurant dans la déclaration gouvernementale d’investiture, notamment dans le domaine social.
Sur le plan politique, Abbès El Fassi se dit confiant au sujet des relations entre les partis qui forment l’actuelle majorité, affirmant au passage que l’USFP reste fidèle à son appartenance pleine et entière au gouvernement, dans le cadre des engagements pris au sein de la Koutla. Justement, la Koutla n’est pas morte et le Parti de l’Istiqlal compte bien relancer son action à l’horizon des prochaines élections communales : «Nous allons proposer à nos alliés de la Koutla de conclure un accord pour que le parti arrivé en tête de chaque commune soit soutenu par les deux autres pour la présidence du conseil communal», a proclamé Abbès El Fassi qui pense que l’idée peut également être étendue à la majorité gouvernementale actuelle.
Les réformes constitutionnelles

Pour le Premier ministre, les propositions de réforme de la Constitution étaient prêtes avant les dernières élections législatives. Le document de la Koutla démocratique propose un renforcement de l’institution du Premier ministre.
Par ailleurs, Abbas El Fassi estime qu’il « exerce pleinement toutes ses prérogatives » et sans « aucune intervention ». Les ministres sont disciplinés, ajoute-t-il.
Il souligne également que sur « les sujets sensibles, le Premier ministre est informé et consulté, avant toute prise de décision», comme «dans tous les pays démocratiques».
«Avec SM le Roi, le courant passe. Je m’en réjouis fortement», précise-t-il. Le Souverain «respecte mes prérogatives et les contacts sont soit directs, soit par le biais d’émissaires dûment mandatés».

Koutla démocratique

Le premier ministre, en principe le leader de la Koutla démocratique (Parti de l’Istiqlal, USFP et PPS), reconnaît que les principales initiatives de relance de cette structure politique unitaire émanent surtout d’Ismaïl Alaoui, Secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme.
« Nous devions nous réunir la semaine passée, mais mon agenda et celui de Si Mohamed El yazghi ne le permettaient pas. Nous allons essayer de le faire cette semaine », poursuit-il.
Estimant que le bilan de la Koutla est positif, surtout pour l’apport aux droits de l’homme à la question du Sahara marocain, il espère que « le Maroc puisse gagner encore plus de sympathie afin d’intégrer l’Union africaine, en parvenant à faire geler l’activité de la pseudo « Rasd ».
Rappelant que la Koutla démocratique dispose d’une charte d’honneur, il émet l’espoir qu’elle puisse parvenir à un accord pour les prochaines élections communales. L’idéal serait « d’avoir un candidat commun aux présidences de commune, ceux qui arriveront en tête de la Koutla lors de ce scrutin ». La même expérience pourra être « généralisée aux partis de la majorité », précise-t-il.

Remaniement ministériel

Abbas El Fassi affirme, à ce sujet, qu’un climat d’«homogénéité» et de «cohérence» marque l’action gouvernementale. Il affirme également qu’il n’y aura pas de «changement de gouvernement», rappelant que cette éventualité est du domaine de SM le Roi et du Parlement. «Si Mohamed El Yazghi m’a affirmé que l’USFP honorera ses engagements en continuant à participer au gouvernement».
Mais, ajoute-t-il, «la décision de rester ou de quitter revient à ce parti ami, tout en espérant qu’il retrouve son unité et dépasse la situation actuelle. J’espère que l’USFP continuera à siéger au gouvernement».

Préserver le pouvoir d’achat

Le Premier ministre a énuméré les principales actions entreprises au profit des citoyens afin de préserver leur pouvoir d’achat et d’améliorer leurs conditions de vie. Il a cité, notamment, les résultats du dialogue social qui a abouti à la hausse des salaires, notamment du SMIG et du Smag, et à l’augmentation des allocations familiales, à partir de ce mois de juillet, au gain dû à la réduction de l’impôt sur le revenu (IR), à partir de janvier 2009.
Ces mesures « coûteront au budget de l’Etat environ 16 milliards DH».
D’autre part, «Le gouvernement fait un important effort financier pour continuer à subventionner des produits de première nécessité parle biais de la Caisse de compensation. Son budget devrait atteindre 40 milliards de DH à la fin de l’année, soit le double du montant alloué dans le cadre de la loi de finances 2008.
Le Premier ministre a abordé la philosophie de la réforme de cette Caisse afin de lui permettre de jouer le rôle qui est le sien en matière d’aide aux personnes démunies.
A ce sujet, il a annoncé son intention de parvenir à un « contrat » avec les familles aidées directement, de sorte que cette aide soit accompagnée par l’indispensable scolarisation des enfants et de leur vaccination.

Bonne gouvernance

La bonne gouvernance demeure aussi un chantier important que le gouvernement entend mener à terme. Des efforts sont encore à déployer pour le renforcement de l’indépendance de la justice, la réforme de l’enseignement pour plus de qualité et la lutte contre l’abandon scolaire, le développement du secteur agricole et la consolidation de la bonne gouvernance, à travers notamment l’adoption de la loi sur la déclaration du patrimoine et la nouvelle charte communale ainsi que la mise en place d’un mécanisme de lutte contre la corruption.

Croissance

Pour le Premier ministre, «des efforts importants ont été déployés dans tous les secteurs d’activité». Le taux de croissance moyen du PIB devrait atteindre 6,5 % durant la période 2008-2012.
«C’est un taux honorable qui dépasse la moyenne de 5,2 % enregistrée dans le passé », a-t-il affirmé.
Pour l’année en cours, le gouvernement prévoit un taux de croissance de 6,8 pc malgré une conjoncture internationale pour le moins défavorable.
Par ailleurs, Abbas El Fassi a indiqué que «les chantiers de développement lancés par le Maroc pour la période 2008-2012 nécessitent une enveloppe budgétaire globale de l’ordre de 280 milliards de dirhams (MMDH) contre 85 MMDH durant la période 2002-2007».

Hausse du prix du pétrole

Abbas El Fassi, qui doit avoir sa petite idée sur les mesures à prendre en cas de nouvelles hausses des prix du pétrole, ne veut rien dévoiler de son plan, de sorte à faire éviter « les spéculations ». Ceci dit, l’idée d’instaurer une vignette, en fonction de la consommation d’essence des grosses voitures de luxe n’est pas à exclure. L’Etat et les citoyens ne doivent pas continuer à payer pour des consommations exagérées.

Dialogue social

Le dialogue social, selon le Premier ministre, a « débuté au mois de février 2008, au niveau des experts. « J’ai assisté, personnellement à 25 réunions de travail avec les cinq syndicats, soit 50 heures de négociations au moins ». Durant les deux précédentes législations, le coût du dialogue social était de 20 milliards DH. Rien que pour les 6 premiers mois de 2008 ce chiffre a déjà atteint 16 milliards de dirhams.
Le seuil d’imposition des bas salaires a atteint 27 000 DH par an, nous espérons l’augmenter à 30 000 DH en 2010.
Nous aurons un nouveau round de négociations en septembre prochain, destiné à associer les syndicats à l’élaboration de la prochaine loi de Finances. Une autre rencontre, traditionnelle celle-là, sera programmée en avril 2009, à la veille de la Fête du Premier Mai.

Aide aux partis

Les récentes rencontres du Premier ministre avec les leaders des partis de la majorité et de l’opposition lui ont été profitables quelque part. C’est pourquoi il veut que les partis qui n’ont pas atteint le seuil fatidique des 5 % des voix obtiennent l’aide de l’Etat. « Moins que les autres », précise-t-il, et peut-être de manière proportionnelle.

Les technocrates

Abbas El Fassi n’aime pas utiliser le mot «technocrate» pour les ministres sans appartenance politique. C’est «un mot noble qui suppose un apport de science au pays mais qui a pris une allure péjorative», estime-t-il. Il préfère la dénomination «SAP» (Sans appartenance politique ». Cependant il se dit «opposé à l’existence d’une majorité de SAP dans un gouvernement politique».

De la communication

Le Premier ministre avoue que, depuis l’avènement du gouvernement de l’alternance consensuelle, les gouvernements de changement qui se sont succédé, ont accusé un déficit de communication dans l’accompagnement des grandes actions entreprises. Il a promis de remédier à cette lacune.

M.K.

Tags :