international
Le Maroc célèbre le 29e anniversaire du retour de Oued Eddahab
© sahara - source - infos
14.08.08 | 12:54
L’Histoire du Maroc a été forgée à l’épreuve du temps, certes. Et s’il fallait sacrifier à une métaphore, on dirait par le glaive et l’épopée. Depuis Idriss Premier, fondateur de l’Etat moderne et constitué que nous célébrons cette année avec ferveur et communion, secouant notre mémoire plus que millénaire, nous nous sommes inscrits dans le droit-fil de la durée, de la longue durée.

²Les dynasties se sont succédé, les Rois ont tour à tour bâti des systèmes, des villes et des symboles qui dans le sud, qui dans le nord et qui enfin un peu partout à la fois. Chacun à sa manière, mais avec une volonté unitaire irréductible, ils ont élevé et hissé leur pays. La notion épistémologique de «durée» n’a jamais quitté l’œuvre d’édification d’un Etat organisé qui s’érige comme la forteresse inexpugnable de la Monarchie. Celle-ci est le pilier de notre histoire et de cette longue évolution, restée sédimentée par les péripéties et les assauts que les autres pays ont cru lancer.
C’est peu de dire que les dates, lointaines et proches, constituent pour nous les temporalités décisives. Celles qui sont liées à nos provinces sahariennes imprègnent notre mémoire. Il y a vingt-neuf ans, le 14 août 1979 exactement, survenait en plein été un événement dont la nature inattendue, mais prévisible, allait bouleverser la donne au Sahara. Le théâtre en fut le Palais Royal de Rabat, inondé de lumière et dont l’esplanade était dominée par la silhouette de feu S.M. Hassan II. Quelque 360 représentants sahraouis, mandatés par la population de Oued Eddahab, (Rio de Oro), s’étaient déplacés de toutes les localités de cette province et avaient fait le long voyage jusqu’à Rabat dans la pure tradition de leurs pères et ancêtres, pour faire acte d’allégeance au Roi du Maroc. Que le serment d’allégeance (la Beiâa) pût se produire en ce mardi 14 août 1979, qu’il fut prêté par les populations unanimes des provinces de Oued Eddahab, avait valeur de symbole quatre ans seulement après la signature des accords de Madrid le 14 novembre 1975 qui rétrocédaient le Sahara au Maroc.
L’acte d’allégeance des populations de Oued Eddahab constituait en effet un grand tournant, car ces populations étaient, en vertu du même accord tripartite censées vivre sous la souveraineté de la Mauritanie sœur, assaillie constamment par les agressions du polisario et de l’armée algérienne. Ces populations avaient rejoint le Maroc par un acte solennel, celui du serment d’allégeance, d’autant plus symbolique et fort, qu’elles s’appliquaient à elles-mêmes la juridiction, la légitimité historique et, en définitive, se refusaient à être encore séparées de leurs frères du nord. “Dieu a bien voulu exaucer le vœu des populations de Oued Eddahab de retrouver leurs frères et de participer à la réalisation de l’unité du pays”.
Le représentant du Conseil de la province de Dakhla (ex-Villa Cisneros) décrivait ainsi le sentiment dominant, il traduisait avec les mots simples et vrais le sentiment partagé, à Rabat mais aussi dans le Sud, tendant vers le regroupement et l’unité. L’émotion était à son comble lorsque ces dignes représentants des tribus de Oued Eddahab se sont regroupés, habillés en costume traditionnel bleu et blanc, l’allure altière et fière, devant feu S.M. Hassan II, accompagné par S.M.
Mohammed VI, alors Prince Héritier et S.A.R. le Prince Moulay Rachid, tous de blanc vêtus. Les représentants des provinces de Oued Eddahab avaient décidé de précipiter le mouvement de l’histoire, de franchir eux-mêmes la ligne, d’affirmer solennellement leur marocanité.
L’accord de Madrid, signé quatre ans auparavant par le Maroc, la Mauritanie et l’Espagne, les avait laissés sur leur faim, il les avaient confiés à la Mauritanie sœur, mais ils ne cessaient d’être menacés constamment par les agressions du “polisario”. Le cheikh Ahmed Habib Allah Ould Bouh, cadi de Dakhla, drapé dans une deraaya bleue, s’était fait le porte-parole des autres pour présenter au Souverain l’acte d’allégeance en ces termes : “Au moment où Dieu a voulu concrétiser les retrouvailles entre les fils de la nation marocaine en réalisant son unité sous la bannière du défenseur de l’unité territoriale, guide de son peuple et réalisateur de ses aspirations, S.M. le Roi Hassan II, Amir Al Mouminine, nous n’avions, nous, tribus de Ouled Dlim, Reguibat, Aït Lahcen, Laâroussiyine, Izarguiyine, Ouled Cheikh Ma-alaïnine, Ouled Tidarine, Igout, Aït Ba Amrane, les familles Mohamed Salem, Bark Allah, Assikab, Tindagha, Fikart et Amgharane, les habitants de Oued Eddahab, jamais cessé d’être reconnaissants pour la noblesse de ses actes, pour ses efforts tendant à la libération de la patrie, à sa réunification et la prospérité de ses sujets.”
Paroles fortes, elles déchiraient de leurs échos le silence et cette émotion intenses qui pesaient sur la cour du Palais Royal. Une nuit lumineuse commençait, elle versait sa vertu sur cette esplanade où le Maroc entier, réuni dans ses composantes célébrait dans une immense sérénité ses retrouvailles et sa réunification. Après avoir proclamé, avec émotion, leur allégeance au Souverain, les représentants de Oued Eddahab ont ainsi ajouté : “Nous nous considérons désormais comme les partisans de Amir Al Mouminine, son soutien, ses soldats…”. Le propos n’était pas anodin, tant s’en faut, car il était prononcé du haut du Palais Royal, dans un contexte historique majeur. Il résonnait en échos majeurs. Et les fils de la province de Oued Eddahab en avaient pris acte, suffisamment face aux agressions du “polisario”. L’allocution que prononça alors feu S.M. Hassan II s’inscrivait dans la logique de l’histoire qui se faisait une manière de réponse incontournable, imprescriptible, à court et à long termes. “Nous nous faisons un devoir de garantir votre défense et votre sécurité et d’œuvrer sans relâche pour votre bien”.
Tags : international





Journaux
Imprimer
