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international

Appel à l’Algérie pour ouvrir une nouvelle page dans les relations bilatérales et s’orienter vers l’avenir

© sahara - source - infos
10.06.08 | 10:33

Imposant meeting populaire à Laâyoune, à l’occasion de la commémoration du 38ème anniversaire de la disparition de Feu Abdelkhalek Torrès)

Le gouvernement œuvre avec audace pour résorber les répercussions de la conjoncture économique internationale

L’initiative de l’autonomie constitue une nouvelle dimension dans l’édifice démocratique et une mise en œuvre de la régionalisation élargie qui investit les compétences et les potentialités

Les positions unionistes de Abdelkhalek Torrès font de lui un leader du Maroc et non seulement du Nord du pays

La salle couverte du complexe sportif Cheikh Mohamed Laghdaf de Laâyoune a abrité samedi dernier, 07 juin 2008, un imposant meeting populaire à l’occasion de la commémoration, par le Parti de l’Istiqlal, du 38ème anniversaire de la disparition du leader de l’unité feu Abdelkhalek Torrès, manifestation qui s’est déroulée sous le signe : « L’unité et le développement économique et social ».

Les foules nombreuses qui ont afflué vers cette salle voulaient adresser un message clair à travers les banderoles qui ornaient les murs. « Nous sommes profondément convaincus que toute atteinte à la moindre parcelle du territoire national est une atteinte à l’ensemble de ce territoire », « Tous prêts à tous les sacrifices pour préserver l’unité nationale et poursuivre le combat pour la récupération des zones spoliées », « les militants du Parti de l’Istiqlal constamment mobilisés pour défendre l’unité ».

C’est dans cette atmosphère débordante que M. Abbas El Fassi, Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal, a prononcé une importante allocution dont nous reproduisons ci-après la traduction.

Plusieurs orateurs ont pris la parole lors de ce meeting, en l’occurrence M. Hamdi Ould Errachid, président du Conseil municipal de Laâyoune, Mme Latifa Smires Bennani, coordinatrice du Parti de l’Istiqlal dans les provinces du Sud, Redouane Hdaddou, inspecteur du Parti de l’Istiqlal à Tétouan, et Ahmed El Haggouni, inspecteur du Parti de l’Istiqlal à Laâyoune. Voici une traduction de l’allocution de M. Abbas El Fassi, Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal :

An nom de Dieu le Clément et le Miséricordieux, que la Prière et le Salut soient sur le Prophète Sidna Mohammed, Sa Famille et Ses Compagnons, Mesdames et Messieurs,

Sœurs et frères,

Les années passent, les générations se succèdent et le Parti de l’Istiqlal demeure fidèle à ses dirigeants pionniers qui ont combattu, consenti tous les sacrifices et milité vaillamment, pour la libération du pays, le recouvrement de son intégrité territoriale et jalonné la voie vers la démocratie, le développement et l’égalitarisme économique et social.

Nous nous retrouvons aujourd’hui, dans ce grand meeting national, à Laâyoune de Sakiat Al Hamra la combattante pour la commémoration du 38ème anniversaire de la disparition du leader dont le nom est associé à l’unité, Feu Abdelkhalek Torrès, et éminent combattant qui a dirigé le mouvement national istiqlalien dans le Nord du Maroc, depuis la ville de Tétouan, zone qui était soumise à l’occupation espagnole, à l’instar des provinces sahariennes du Sud. Les complots des puissances coloniales avait entériné la partition du territoire national pour ainsi encercler et circonscrire le rayonnement civilisationnel et islamique dont le Maroc a toujours été le bastion imprenable durant de nombreux siècles.

La rencontre des deux leaders, Allal El Fassi et Abdelkhalek Torres

Abdelkhalek Torrès a entamé son parcours militant depuis sa prime jeunesse alors qu’il poursuivait ses études à l’Université Karaouiyine à Fès où il a rencontré le leader de la libération, Feu Allal El Fassi. Les deux hommes ont travaillé ensemble pour créer le premier noyau du Mouvement National istiqlalien que les conditions de la partition coloniale ont obligé à agir à partir de lieux différents pour atteindre l’objectif commun, en l’occurrence la libération du pays de l’occupation étrangère et le recouvrement de son intégrité.

De la Karaouiyine, Feu Torrès s’est déplacé au Caire pour achever ses études dans l’Université égyptienne où il a créé en 1930 l’Association pour la défense de la question marocaine, qui a été la première association constituée à cet effet à l’extérieur du Maroc. Il avait organisé le 5 mai 1931 au nom de cette association un grand meeting au Club des jeunes au Caire, à l’occasion du premier anniversaire du dahir berbère.

Deux ans plus tard, il est rentré au Maroc et renoué le contact avec les dirigeants nationalistes avant de partir, de nouveau, à Paris pour s’inscrire à la Sorbonne. Avec ses camarades algériens et tunisiens, il fonda « l’Association des Etudiants Musulmans d’Afrique du Nord » dans le but d’exposer les aspirations des peuples de la région à la libération et à la dignité. Les évolutions de la situation au Maroc l’ont amené à rentrer très tôt au pays pour participer à Tétouan, aux côtés d’une pléiade de nationalistes, à création de la « Koutla Nationale », dans ce qui était la zone khalifienne et plus tard le Parti de la Réforme Nationale. Il a ainsi constamment porté haut le flambeau de la lutte pour la libération, l’indépendance et l’unité, objectifs qui, pour lui, se plaçaient au-dessus de tout intérêt personnel.

L’indépendance et l’unité, deux objectifs indissociables

Feu Abdelkhalek Torrès était unioniste par sa pensée ainsi que par son combat politique et ses positions patriotiques. Il avait très tôt pris conscience des dimensions dangereuses de la politique colonialiste dans la dislocation de l’unité du pays, sa partition en plusieurs zones et sa soumission à des administrations multiples : française, espagnole et internationale.

Dans le cadre de la répartition des rôles entre les dirigeants nationalistes, Feu Abdelkhalek Torrès a fait de Tétouan la base de son activité politique et militante. Il a ainsi entamé des campagnes de mobilisation, de conscientisation et de constitution de cellules nationalistes, à travers les différentes villes et localités du Nord, tout en veillant scrupuleusement à la communication et à la coordination permanentes avec le leader de la libération, Feu Allal El Fassi, se fixant deux objectifs essentiels et indissociables, à savoir l’indépendance et l’unité, car le contenu de l’indépendance n’est pas réalisable avec le maintien de la partition effectuée par l’occupant étranger à des fins colonialistes.

Création de la première association des Droits de l’Homme ainsi que des corps et institutions civils

Il croyait profondément que la victoire de l’idéal nationaliste ne pouvait triompher par la seule action politique mais qu’il fallait plutôt créer des structures à même de contribuer à la conscientisation, la mobilisation et la propagation des valeurs patriotiques. Il a ainsi créé l’Association de l’Etudiant Marocain le 23 mars 1932, qui fut la première association culturelle et estudiantine du genre au Maroc. Il a également contribué aux côtés de Feu Haj Abdessalam Bennouna à la création, en 1933, de la première association marocaine des Droits de l’Homme. Il a également créé le comité de boycott des produits français. Il disait à cet égard : « la moindre des choses que les gens du peuple, qui n’ont pas la capacité de la lutte violente, c’est le recours la résistance passive, à travers laquelle l’ennemi est affaibli et la richesse nationale encouragée » (journal « Al Oumma » du 13 avril 1954). Il a également contribué à la fondation du comité de la promotion de l’enseignement national qui a entrepris une campagne de collecte de fonds et la création de l’Institut privé à Tétouan en 1935, auquel ont succédé plusieurs autres écoles indigènes dans différentes villes du Nord, dans le but de préserver la langue arabe et les valeurs patriotiques et islamiques en leur qualité de fondements de l’unité nationale.

Le soutien aux revendications du Comité d’Action Nationale au Sud

Au moment où le Comité d’Action Nationale a présenté le mémorandum des « Revendications du Peuple Marocain », à Sa Majesté le Roi et aux autorités françaises, le 1er décembre 1934, le Comité du Nord a immédiatement apporté son soutien total à cette initiative. Feu Abdelkhalek Torrès a, dans le journal « Al Hayat » du 13 décembre 1934, publié un article de soutien à ces revendications et a veillé à la publication du texte du mémorandum des revendications pour en faire connaître la teneur et exprimer son adhésion à son contenu. Après avoir créé le Parti de la Réforme Nationale, il publiant de nombreux articles dans le journal « Al Hayat », pour en expliquer les buts et les objectifs. Parmi ses écrits à ce sujet : « Le Maroc est une unité indivisible et n’est divisée ni par les penchants ni non plus par les intérêts personnels » (« Al Hayat », 1er mars 1934). Consacrant cette orientation, il disait : « Au sein de ce parti, le Parti de la Réforme Nationale, nous visons des objectifs grandioses, dont le plus important, à mon avis, est la foi de cette nation en son indépendance totale, sa liberté et son unité (Al Hayat - 20 juin 1937).

Dans le deuxième commandement, parmi les dix commandements fondateurs de la naissance du Parti de la Réforme Nationale, le 18 décembre 1936 : « Rappelles-toi, à chaque instant, que ta patrie est le Maroc, dans ses frontières naturelles préservées donc son unité et que l’objectif pour lequel tu vis et pour lequel tu meurs, n’est autre que l’indépendance totale et absolue du Maroc », en l’occurrence l’indépendance dans le cadre de laquelle la moindre parcelle du territoire national ne doit rester en dehors de la souveraineté marocaine.

Torrès, porte-parole du Mouvement istiqlalien dans ses ailes du Nord et du Sud

Au moment où les autorités coloniales ont accentué, en 1937, leur campagne de répression contre les nationalistes dans la zone du Protectorat français, exilé le leader Allal El Fassi, procédé à l’arrestation dees dirigeants du Parti National et interdit son journal « Al Atlas », dans une tentative d’éradication de l’action du Mouvement National, la voix du leader de l’unité, Feu Abdelkhalek Torrès, est demeurée tonnante dans le Nord et porte-parole du Mouvement istiqlalien, dans ses deux ailes, du Nord et du Sud. La presse du Parti de la Réforme Nationale, notamment « Al Hayat », « Rif », est devenue la tribune à travers laquelle les nationalistes istiqlaliens, des différentes zones du Maroc, exprimaient leurs positions dans la lutte contre la politique coloniale et réaffirmaient la volonté du peuple marocain à l’unité nationale, au refus des frontières fictives établies par les autorités coloniales pour séparer les fils de notre peuple qui sont demeurés unis et déterminés à mener la lutte pour le recouvrement de l’indépendance, de l’unité, de la fierté et de la dignité du pays.

Les revendications de la Nation marocaine

Le 3 mars 1938, Feu Abdelkhalek Torrès devait, au nom du Parti de la Réforme Nationale, présenter le mémorandum des « Revendications de la Nation Marocaine » au Khalifa du Sultan et au Résident Général espagnol, tout en réitérant l’unité du Maroc. Il est dit dans ce document : « En notre qualité de Koutla Nationale en premier lieu et Parti de la Réforme Nationale en dernier lieu, nous avons constamment défendu l’unité du Maroc et voulu que notre action soit commune et unie avec le Comité d’Action Nationale dans le Sud. Nous avons pris connaissance des « revendications du Peuple Marocain » avant qu’elles ne soient officiellement présentées à Sa Majesté le Sultan et au gouvernement français, nous avions eu le privilège de les examiner et les revoir, comme nous les avons soutenues et défendues car les revendications du peuple marocain, au Sud, sont en réalité les mêmes besoins du Nord du Maroc, et nous les avons soutenues car nous voulons aussi que notre action soit unie dans toutes les régions du Maroc… ».

La revendication franche de l’indépendance et de l’unité

Feu Abdelkhalek Torrès était à l’origine de la préparation de la première initiative nationale pour la revendication franche et officielle de l’indépendance du Maroc et de son intégrité territoriale dans le mémorandum présenté le 14 février 1943 par le Parti de la Réforme Nationale et le Parti de l’Unité, dans le cadre du Front National, aux consuls et ambassadeurs des pays étrangers accrédités à Tanger et à Tétouan, ainsi qu’au Roi du Maroc, Feu Sa Majesté Mohammed V. Feu Abdelkhalek Torrès a également soutenu avec vigueur le Manifeste de l’Indépendance que le Parti de l’Istiqlal avait présenté le 11 janvier 1944 et avait adressé, au nom du Parti de la Réforme nationale, un mémorandum de soutien au Manifeste où il déclarait que « les revendications du Parti de l’Istiqlal sont des revendications de la Nation toute entière. Il a réitéré la même position le 31 août 1946 lors d’un meeting populaire à l’occasion de la Fête de la lutte nationale en réaffirmant que l’indépendance et l’unité sont parmi les objectifs fondamentaux du Parti National de la Réforme.

Un sens politique et diplomatique très développé

En mars 1945, il a adressé un mémorandum aux Nations Unies, dans lequel il demandait l’acceptation de la candidature du Maroc à cette organisation qui a été créée la même année sur les vestiges de la SDN, comme il a adressé des copies de ce mémorandum aux présidents des Etats-Unis d’Amérique, de France, de Grande Bretagne, de Chine et a omis l’URSS pour ménager la sensibilité espagnole vis-à-vis de la poussée communiste à l’époque. Il a également en 1945 adressé un message au premier Secrétaire général de la Ligue des Etats Arabes, Abderrahmane Azzam Pacha, pour le féliciter et lui rappeler que les sept pays qui ont créé la Ligue arabe sont tous du Machrek et qu’il ne fallait pas oublier le Maghreb Arabe en sa qualité de composante essentielle de la Nation arabe, faisant ainsi preuve d’un sens politique et diplomatique très développé, à cette époque.

Réaffirmation de l’unité de la patrie lors de la visite de SM. Mohammed V à Tanger

Lors de la visite historique de Feu SM. Mohammed V à Tanger, le 9 avril 1947, le leader Abdelkhalek Torrès a réaffirmé, devant le Souverain, l’attachement des nationalistes et de l’ensemble de la population du Nord à l’unité du Maroc et lui fait don d’une poignée de terre, geste qui signifiait que les zones du Nord sont partie intégrante du territoire marocain et que l’on ne peut soustraire ces zones à la souveraineté nationale qui est incarnée par le Roi du pays et dont les Marocains sont attachés à son trône, qu’ils soient au Nord ou au Sud.

La contribution à la libération de Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi de la captivité

Le leader de l’unité est retourné au Caire en 1947 où il a de nouveau rencontré le leader de la libération Feu Allal El Fassi, dans la perspective de poursuivre la lutte commune dans le cadre du Bureau du Maghreb Arabe qui regroupait les représentants des mouvements de libération nationale du Maroc, d’Algérie et de Tunisie. Il a, en outre, contribué à la libération de l’Emir Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi et sa famille, au moment où le navire qui les transportait depuis l’île de la Réunion dans l’Océan Pacifique vers la France a fait escale dans le Canal de Suez. Il a aussi été parmi les fondateurs au Caire du Comité de la Libération du Maghreb, annoncée officiellement le 5 janvier 1948.

Poursuite de la lutte commune à Tanger aux côtés du leader de la libération

A son retour à la mère-patrie, les autorités du Protectorat espagnol lu ont interdit d’entrer à Tétouan, ce qui l’a amené à élire résidence à Tanger qui était soumise au régime international. Il a de nouveau retrouvé le leader de la libération, Feu Allal El Fassi, lui aussi obligé à élire résidence à Tanger suite à l’interdiction qui lui a été faite d’entrer à ce qu’on appelait à l’époque la zone sultanienne, en l’occurrence la zone qui était sous protectorat français. Ensemble ils se sont investis dans un combat commun pour l’indépendance et l’unité, et ce, par la préparation d’une nouvelle étape, celle du déclenchement de la lutte armée contre le colonialisme, notamment par la constitution et l’encadrement de cellules de la résistance et leur fourniture en armes.

Il attire l’attention sur les complots colonialistes ourdis contre le Roi

A travers son suivi de la situation politique et la lecture des différents événements, il a senti qu’un complot était ourdi contre le Roi du pays. Et avant même la déportation, par les autorités du protectorat, de Feu SM. le Roi Mohammed V le 20 août 1953, le leader de la libération a pris de nombreuses initiatives dont :

Un mémorandum adressé, au nom du Parti de la Réforme Nationale, au Khalifa du Sultan, le 4 avril 1953, dans lequel il dévoilait les objectifs du complot français contre le Roi du Maroc, et appelait le Khalifa à renouveler fidélité au Roi légitime au nom de la population du Nord et aider les populations de cette zone à exprimer leur attachement au Souverain, à informer les autorités espagnoles du complot et attirer leur attention sur la gravité des conséquences.

Le 7 avril 1953, il adresse un communiqué à l’opinion publique dans lequel il mit en garde la France contre toute atteinte au symbole du pays et réaffirme la détermination du peuple marocain à combattre pour son Roi SM. Mohammed V.

Le 27 avril 1953, Feu Abdelkhalek Torrès rédige un document de renouvellement de l’allégeance, signé par 156 Ouléma, intellectuels et notables et accompagné par des registres portant plus de 20.000 signatures de personnes de différentes couches du peuple, document qui a été remis à Rabat, à Feu SM. Mohammed V. Au même instant, le parti de la Réforme Nationale, sous la conduite du leader de l’unité, a lancé une large campagne diplomatique pour réaffirmer l’attachement des Marocains à leur Roi légitime et leur aspiration à l’indépendance et à l’intégrité territoriale.

Vigilance constante face aux complots colonialistes

Feu Abdelkhalek Torrès a constamment été vigilant face aux différents complots colonialistes, il s’est ainsi aperçu en 1954 de la manœuvre des autorités espagnoles destinées à séparer le Nord du Maroc de son Sud et déclarer une indépendance fictive de la zone khalifienne en une entité politique rattachée à l’Espagne. Il a agi pour déjouer ce plan et s’est adressé au premier lieu au Khalifa, le Prince Moulay Hassan Ben Mehdi, pour le convaincre du caractère dangereux de la politique espagnole et l’amener à ne pas se soumettre à sa volonté. Il a en outre entrepris la mobilisation des masses dans toute la zone Nord et réaffirmé dans les meetings populaires, dans son style oratoire exceptionnel, que les populations de la zone khalifienne sont attachées à l’unité nationale sous l’égide du Trône marocain et sous la conduite du Roi Mohammed V et qu’elles rejettent avec force toute alternative à l’indépendance et à l’intégrité territoriale.

Une vision globale de l’intégrité territoriale

Pour feu Abdelkhalek Torrès, l’intégrité territoriale ne se réduisait pas uniquement au recouvrement de l’unité entre la zone du protectorat espagnol au Nord et la zone du protectorat français. Il avait plutôt une vision globale du sujet de l’unité nationale, qui consistait en la nécessité de la récupération de toutes les parties du territoire national sous occupation étrangère, de Tanger au Sahara marocain.

Etant convaincu que l’Espagne était en possession de documents qui prouvaient la marocanité du Sahara et que le Maroc, une fois débarrassé du régime du protectorat, allait forcément entamer des négociations pour la récupération de toutes les zones dont il a été amputé, dans des étapes de sa faiblesse, et que, par conséquent, il aura besoin de ces documents, pour renforcer ses droits légitimes devant la communauté internationale, il s’est rendu à Madrid en 1955, dans un voyage qui était en apparition destiné au repos, mais qui, en fait, était pour d’autres objectifs. Il a ainsi tenu à être accompagné par l’un de ses proches collaborateurs, en l’occurrence Mohamed Azouz Hakim, qui ignorait tout de la mission que voulait lui confier feu Torrès, jusqu’au moment opportun. Cette mission consistait en l’acquisition, dans le secret absolu, de documents, à partir des archives et bibliothèques espagnoles, en vue de constituer trois dossiers. Le premier concernant le Sahara marocain, le deuxième la zone de Sidi Ifni et le troisième concernait Sebta et Mellilia. M. Ben Azouz Hakim a pu faire reproduire plus de 9000 documents qui ont été ramenés à Tétouan via Sebta (c.f l’ouvrage de Mohamed Ben Azouz Halim : le combat de Torrès pour l’unité, p.38) . Les documents concernant la question du Sahara ont constitué la base du dossier présenté en 1974 par le Maroc à la CIJ de La Haye, qui a, dans son verdict à ce sujet, affirmé que le Sahara marocain avant l’occupation espagnole n’était pas Terra Nullius et que ses populations étaient unies par des liens d’allégeance au Sultan du Royaume du Maroc.

Intégration du Parti de la Réforme Nationale au Parti de l’Istiqlal

Dès l’accession du pays à l’indépendance, le leader de l’unité décida d’aller de l’avant la main dans la main avec son camarade de combat, le leader de la libération, pour l’édification du Maroc nouveau unifié et libre, apportant ainsi le meilleur exemple d’altruisme au service de l’intérêt de la patrie, ayant exprimé le désir de trouver sa place parmi ses frères du Comité exécutif du Parti de l’Istiqlal, sous la conduite de Allal El Fassi le leader du Parti, et la fusion du Parti de la Réforme Nationale, sa direction, ses membres, sections et organisations compris dans le Parti de l’Istiqlal, pour ainsi unifier le mouvement istiqlalien marocain en un seul corps et orienter l’action vers le parachèvement de l’intégrité territoriale, l’édification de l’Etat moderne sur la base de la monarchie constitutionnelle et des institutions démocratiques et conduire le pays vers le développement, la justice sociale et le progrès.

Comme il a été, à l’époque du colonialisme, un combattant tenace, n’épargnant aucun sacrifice pour la liberté, l’indépendance et l’unité, il a été, sous l’indépendance, un patriote sincère, un militant exceptionnel, dévoué dans la défense des valeurs patriotiques authentiques et un militant irréductible pour la démocratie réelle. Il a fait preuve d’une grande compétence dans sa tâche de président du groupe istiqlalien à la Chambre des Représentants en 1963. Ses interventions et discours ont mis en exergue le concept correct de l’opposition qui se fonde sur les positions de principe et les programmes alternatifs et a été parmi la direction istiqlalienne dans la lutte contre la falsification de la volonté du peuple aux élections ainsi que dans la mobilisation pour la mise en place d’institutions démocratiques jouissant de la représentativité authentique et de crédibilité quant à leur compétences et actions. il a constamment affirmé dans ses discours devant les masses que le Parti de l’Istiqlal est contre l’usurpation du pouvoir, que ce soit par la voie de la violence ou par la voie de la falsification de la volonté des électeurs. Il est demeuré fidèle à ses principes et loyal envers sa patrie jusqu’à l’instant où il a été rappelé par Dieu.

Des développements positifs de la question de notre intégrité territoriale

Dans cette ambiance particulière de la commémoration de l’anniversaire de la disparition du leader de l’unité, nous notons avec une grande fierté les développements positifs de la question de notre intégrité territoriale, notamment par le soutien croissant de la communauté internationale à l’initiative marocaine pour des négociations pour la mise en place de l’autonomie dans les provinces du Sud.

Le 30 avril dernier, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 1813 dans laquelle il a souligné la nécessité pour les parties de faire preuve de réalisme et d’esprit de consensus pour préserver le processus des négociations, tout en réitérant son appel aux parties à « poursuivre les négociations sous l’égide du Secrétaire Général sans préalables, avec bonne foi, en tenant compte des efforts déployés depuis 2006 et des développements qui ont suivi », dans une allusion à l’initiative marocaine concernant l’autonomie, comme étant le point de départ des négociations en cours.

Cette évolution positive de la question de notre intégrité territoriale s’est également traduite par l’important rapport présenté par M. Peter Van Walsum, l’envoyé spécial du Secrétaire Général de l’ONU, devant le Conseil de Sécurité, dans lequel il a affirmé que l’indépendance du Sahara n’est pas un choix réaliste, tout en appelant les membres du Conseil du Sécurité à recommander la poursuite des négociations en tenant compte de la réalité politique et de la légalité internationale.

Plusieurs pays influents sur la prise de décisions internationales ont soutenu la résolution du Conseil de Sécurité et la conclusion défendue par M. Peter Van Walsum. Les Etats-Unis d’Amérique ont ainsi affirmé qu’un Etat sahraoui indépendant n’est pas un choix réaliste et qu’une forme d’autonomie sous souveraineté marocaine constitue l’unique voie réaliste pour le règlement de ce conflit qui a duré longtemps. La France a pour sa part affirmé que la proposition d’autonomie présentée par le Maroc constitue une base pour des négociations sérieuses et constructives, en vue d’aboutir à une solution négociée entre les parties dans le cadre du respect du principe d’autodétermination. La Grande Bretagne a pour sa part salué la proposition d’autonomie qui traduit la volonté de notre pays de mettre fin au conflit artificiel, en permettant à nos citoyens des provinces du Sud de gérer eux-mêmes leurs affaires, à travers des organes exécutif, législatif et de justice, dans le cadre de souveraineté nationale du Maroc et de son intégrité territoriale.

Dans le même sens, la thèse du séparatisme s’use de plus en plus, sur le plan international, ce qui s’est traduit par le retrait par plusieurs pays de leur reconnaissance à la fantomatique république, dont en dernière date les Seychelles.

Ces développements positifs sont intervenus grâce aux initiatives de S.M. le Roi Mohammed VI et la mobilisation de nos citoyens des provinces sahariennes qui sont attachés à l’intégrité territoriale du Maroc et se dressent contre tous les complots ourdis contre cette unité.

A cet égard, nous apprécions hautement les efforts déployés pour le développement des provinces du Sud sur les plans économique et social, dans le cadre d’un plan intégré de développement et avec l’implication des forces vives de la région, ce qui permet de faire de cette chère partie de notre territoire national, un pilier fondamental du processus de développement que connaît notre pays sous la conduite de Sa Majesté le Roi.

Nous notons avec une grande fierté la mobilisation des militantes et militants du Parti de l’Istiqlal et de ses élus à la tête des Conseils locaux, provinciaux et régionaux dans les provinces du Sud ainsi que ses élus de ces provinces à la Chambre des Représentants et à la Chambre des Conseillers, pour la défense de l’intégrité territoriale et la mobilisation pour le développement de cette région.

Nous adressons également un vibrant hommage à nos Forces Armées Royales sous la conduite de S.M. le Roi, leur Chef Suprême et Chef d’Etat Major Général, ainsi qu’à la Gendarmerie Royale, à la Sûreté Nationale et aux Forces Auxiliaires pour leur rôle dans la défense de l’intégrité territoriale.

Nous réaffirmons que le Maroc tend la main aux autres parties, en particulier nos frères algériens que nous appelons à s’impliquer positivement dans la dynamique de la solution politique, définitive et réaliste pour mettre un terme à ce conflit artificiel et édifier le Maghreb Arabe sur des bases solides, tout en réitérant notre attachement à la position exprimée par S.M. le Roi concernant « la disposition constante du Maroc à des négociations pour l’autonomie seulement, toute l’autonomie et rien que l’autonomie dans le cadre de l’Etat marocain unifié et unique ».

Nous lançons un appel sincère à nos frères algériens pour l’ouverture d’une nouvelle page dans nos relations bilatérales, nous tourner vers l’avenir, où il ne saurait y avoir de place aux entités microscopiques, et répondre à la volonté des peuples maghrébins qui aspirent à l’unité en tant que choix stratégique, dans une époque marquée par la mondialisation et les grands blocs, face auxquels on ne peut garantir les intérêts supérieurs des Etats de la région que par la coopération, la solidarité et la complémentarité.

Pour tirer les enseignements et poursuivre la mission

En nous remémorant aujourd’hui des exemples d’actions et de positions du leader de l’unité, Feu Abdelkhalek Torrès, nous tenons ainsi à tirer les enseignements nécessaires, en cette étape de l’Histoire de notre pays. Nous voulons également que les jeunes générations fassent connaissance avec les dirigeants pionniers du Mouvement national istiqlalien au Maroc, et connaître les qualités qui les caractérisaient, notamment leur sincérité et la limpidité de leur actes et paroles, les idéaux qu’ils ont défendus, les sacrifices qui ont jalonné leur action patriotique, notamment leur abnégation et leur dévouement total pour la liberté, l’indépendance, l’intégrité territoriale, la démocratie politique, le développement économique, la justice sociale, la dignité et un Maghreb Arabe Uni.

Beaucoup de pas ont été accomplis sur la voie tracée par ces pionniers héroïques. Nous sommes donc appelés à poursuivre la mission, notamment par le parachèvement et la consolidation de notre intégrité territoriale, la poursuite de l’édification de la démocratie, le renforcement des garanties du respect des Droits de l’Homme, la continuité des chantiers des grandes réformes que connaît notre pays dans différents domaines sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Prions Dieu le Tout Puissant pour qu’Il accueille dans Sa Miséricorde les martyrs de l’indépendance et de l’intégrité territoriale. Prions Dieu pour qu’Il guide nos pas sur la bonne voie pour que toutes les volontés s’unissent pour servir les intérêts de nos pays et de nos peuples et réaliser les objectifs tracés par les dirigeants pionniers des mouvements nationaux des pays du Maghreb Arabe.

Prenant la parole à son tour, M. Hamdi Ould Errachid, président du Conseil municipal de Laâyoune, a souligné que la commémoration, à Laâyoune, de l’anniversaire de la disparition de Abdekhalek Torrès est riche de significations et réaffirme ainsi la cohésion qui existe entre le Nord et le Sud du pays, d’autant plus qu’elle reflète une nouvelle épopée unioniste de tous les Marocains.

Dans son allocution à cette occasion, Mme Latifa Smiress Bennani, coordinatrice du Parti de l’Istiqlal dans les provinces du Sud, a souligné la marche de développement qui a donné lieu à l’éclosion de nombreuses villes et centres urbains dans les provinces du Sud, qui occupent une place essentielle dans l’édification du Maroc nouveau. Elle a mis en relief le sens patriotique qui caractérise nos frères de ces provinces et de rappeler leur contribution effective à la défense du territoire national et de son intégrité, notamment au sein de l’Armée de libération.

M. Redouane Hdaddou, inspecteur du Parti de l’Istiqlal à Tétouan, a quant à lui mis l’accent sur le combat mené par feu Abdelkhalek Torrès pour la marocanité du Sahara. Il a rappelé à cet égard la mission qu’il avait confiée à M. Ben Azouz Hakim pour la constitution de trois dossiers. Le premier concernant Sidi Ifni, le deuxième le Sahara marocain alors que le troisième était consacré à Sebta et Melillia. Ces documents, a-t-il précisé, ont constitué la base du dossier que le Maroc avait présenté en 1974 à C.I.J à La Haye et qui attestaient des lieux d’allégeance qui unissaient les régions du Sud aux sultans du Maroc.

Prenant la parole à son tour, M. Ahmed El Haggouni, inspecteur du Parti de l’Istiqlal à Laâyoune, a souligné que les populations de Laâyoune et de Sakiat Al Hamra sont fières d’abriter cette manifestation commémorative, qui a réuni les frères du Sud et du Nord, sous l’ère de la liberté et de la démocratie, en signe de fidélité à la cohésion qui a marqué les relations entre les régions du Maroc sous l’ère de l’occupation étrangère.

Cet imposant meeting populaire, a-t-il précisé, constitue la meilleure preuve de la volonté de construire le Maroc de l’avenir, fort par ses régions, ses partis politiques et ses programmes de développement pour relever tous les défis au niveau local et national.

L’opinion

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