politique
Vous préférez mon sourire ou les chiffres ?
© Olivier - source - infos
27.06.08 | 10:31
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Je suis toujours mort de rire quand j'entend la télé me dire si j'ai ou non le moral.
L'afpm'indique même que je n'ai jamais été aussi déprimé depuis 20 ans ! Pinaize !
il y a 20 ans... ah oui je me souviens, ça devait être lors du début des grandes vacances en 88. A tous les coups j'étais stressé de passer en sixième l'année d'après... Les grands allaient certainement venir m'embeter dans la cours en me traitant de nabot. Le stress, je ne vous raconte pas... !
Alors, en plus il parrait que quand je n'ai pas le moral je ne consomme pas. Si c'est vrai pour moi, je dois dire que du coté de mon amoureuse, rien de tel qu'une petite baisse de moral pour la faire filer dans les magasins !
Cela me rappelle une intervention à l'IEQT de Rochefort. Nous étions 3 entrepreneurs (Régis, Pierre-Emmanuel et moi-même) qui devions parler de la réalité dudéveloppement durabledans les petites entreprises. La table ronde avant nous n'avait parlé que de normes, 14001, sécurité etc... La conclusion était "bon et puis, l'entrepriseest là pour gagner de l'argent et rien d'autres".
Nous étions arrivés en mettant les 2 pieds dans le plat : "Bonjour, en fait, nous on pense que l'argent est le carburant de l'entreprise*. Quand vous allez de Paris à Lyon, vous avez besoin de gasoil, mais vous n'allez pas à Lyon pour chercher du gasoil. L'argent est indispensable et bénéfique, mais l'entrepriseest là pour remplir une mission. Si l'entreprisemanque d'argent, elle meure très vite, mais si elle néglige sa mission et son équipage, elle meurent à petit feu, mais elle meurent tout autant".
Réponse de l'auditoir forcément assez tranchée... mi applaudissement, mi silence consterné....
30 minutes après j'ose un truc du genre. "Je vous pris de m'excuser, mais vous mesurez le bien être d'une société avec un indice économique. Indice qui en plus est tout à fait discutable puisque la destruction d'une maison dans un incendie crée pour vous de la richesse. Je crois en effet que nos investissements ont pour vocation de nous rendre plus riche. Mais par riche je n'entend pas forcément avoir plus d'argent. Il est des richesses qui ne s'achètent pas, et je me demande si on ne ne devrait pas essayer de développer une mesure du bonheur".
Après ça, c'est bon, j'étais fiché,... Le petit gars de moins de 30 ans qui fabule et qui ne comprend rien à la vie. J'avais prononcé le mot bonheur. Le truc auxquel personne ne croit.
J'étais fiché, mais content !
Finalement en sortant de la conf', j'ai remarqué que j'avais donné la pêche à pas mal de monde. Ceux qui avaient applaudi avaient bien compris que je ne révais pas et que mon quotidien d'entrepreneur me confrontait aussi chaque jour à la réalité économique. Ceux qui était consternés, pensaient en revanche que je n'étais bon que pour compter fleurette.
Je dois vous le dire, j'en ai ras le bol qu'on me mesure mon bonheur et la pertinence de mon existence à coup de PIB.
Moi je vais bien, regardez mon sourire !
Spéciale dédidace, un enregistrement de la dernière fois que je suis monté sur scène :
quotidiendurable.com/files/cactus.mp3
* dixit Elisabeth Laville, L'entrepriseVerte.
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