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Lisons ensemble ce tract d’Alternative Libérale

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AU BOULOT !

Allons au plus court . Les élections municipales et cantonales passées, remportées par la gauche, mais essentiellement pour des raisons locales, chaque camp est maintenant devant sa vérité.

L’UMP devra mettre de l’ordre dans sa politique . De manière urgente, il faudra d’abord stabiliser l’assurance maladie qui perd, en gros, un milliards d’euros par mois. La solidarité face à la maladie demeure un pilier de notre pacte social. Consolider ce pilier, gravement menacé par un fonctionnement mal maîtrisé, relève à la fois de la nécessité et de l’urgence. Inutile, donc, de laisser croire plus longtemps aux Français que “l’angoissant problème du pouvoir d’achat” pourra être traité positivement par le gouvernement. Pour la distribution de cadeaux, il faudra attendre des jours meilleurs.

De manière moins urgente peut-être mais certainement pas moins préoccupante , il faudra inspecter le deuxième pilier de notre pacte social: celui des retraites par répartition, organisation de la solidarité entre les générations, par opposition à la retraite par capitalisation, où chacun cotise pour sa retraite. Là encore, c’est le déséquilibre financier qui prévaut. Pour le corriger, il faudra soit augmenter le niveau des cotisations, soit réduire celui de certaines pensions, et peut-être faudra-t-il faire un peu des deux. Une autre nécessité qui renvoie à plus tard la distribution des cadeaux.

Troisième champ de préoccupation: le déficit budgétaire . Chaque mois, l’État dépense quatre milliards d’euros de plus qu’il ne perçoit de recettes. Cette facilité qui dure depuis plusieurs décennies a entraîné la constitution d’une dette dont le poids accable l’économie française. Ainsi, les classes moyennes qui acquittent la plus grosse part de l’impôt sur le revenu le font aujourd’hui uniquement pour rembourser les seuls intérêts des emprunts. A l’origine, cet impôt avait été conçu pour manifester la solidarité entre les citoyens. Le voir désormais consacré tout entier à la rémunération des prêteurs constitue un détournement d’objet qui devrait indigner chacun de nous et participer d’une prise de conscience du danger que représente pour nous et nos enfants la poursuite de l’accumulation d’une dette. Là encore, ce sont hélas des efforts et des sacrifices qui s’annoncent. L’État doit dépenser moins, non pas sous l’emprise d’une pensée dogmatique mais parce qu’il s’agit désormais d’une obligation presque vitale.

Une fois ceci exposé, on comprendra combien sont puérils les propos sur les changements d’attitude du président , sur les subtilités d’un remaniement ministériel homéopathique, pour ne rien dire de la suppression des points de presse de l’éphémère porte-parole de la présidence de la République. Le moment n’est plus aux apparences mais à la sincérité. Et on peut n’avoir aucune illusion sur la capacité des responsables à repousser encore le traitement de ces problèmes, il n’en faut pas moins continuer à répéter que leur traitement relève de l’urgence.

Pendant ce temps, l’opposition se réjouit . Elle peut en effet compter les villes et les départements gagnés comme els enfants le font des soldats de plomb ou des poupées de celluloïd. Une fois cette comptabilité effectuée, elle devra elle aussi se confronter à quelques questions existentielles.

La première tient à son identité. Quelle est la nature de la gauche française en ce début de XXI° siècle, et notamment celle du parti socialiste? Se reconnaît-elle gestionnaire du libéralisme ou bien se définit-elle comme adversaire de ce libéralisme? Cette question simple ne recueille aujourd’hui que des réponses chaloupées. Peut-être que oui, mais sans doute que non… C’est pourtant après avoir apporté une réponse claire à cette question là que ce camp pourra envisager de définir sérieusement son projet politique. Les socialistes d’aujourd’hui sont écartelés entre leur mauvaise conscience révolutionnaire et le réalisme de leurs années de pouvoir. Pour concilier ces deux parts irréductibles, ils concoctent des textes où l’on trouve tellement de tout qu’il n’en reste plus rien de lisible. C’est ainsi que chacun des dirigeants appose sa signature au bas de documents dont ils savent qu’ils n’engagent personne.

La rupture avec cette culture devient une nécessité pour eux aussi. Comment doivent-ils l’opérer? Doivent-ils d’abord se trouver un chef dont l’autorité leur permettra de cheminer avec plus d’assurance sur ces voies périlleuses? Ou bien ce travail peut-il être accompli de manière collective, favorisant l’émergence d’un leader représentatif d’un cours nouveau? Disons, pour rester sobre, que cette question n’est pas encore tranchée chez eux. Mais pas plus que le pouvoir, l’opposition n’évitera longtemps cette confrontation avec une vérité sur eux mêmes dont ils se détournent avec application depuis des décennies.

Un point commun unifie l’ensemble de ces considérations. Depuis la crise pétrolière, qui remonte au milieu des années soixante dix, les élites politiques françaises ont produit des discours artificiels qui ont eux même suscité des gestions gouvernementales médiocres . Ceci se remarque au cumul des difficultés qui sont aujourd’hui les nôtres. La pression fiscale est forte alors même que les besoins des services publics demeurent largement insatisfaits, qu’il s’agisse de l’université, de l’hôpital, de la justice, de l’armée. Ce constat même signale l’échec des politiques publiques en France. De son côté, l’appareil industriel régresse dangereusement tandis que nos échanges commerciaux avec les économies concurrentes se dégradent rapidement. Faute d’avoir été traités dans le passé, tous ces chantiers attendent leur réponse. Et on ne voit pas dans les dix mois de l’action passée, pas plus que dans le discours des opposants, émerger une claire conscience de ce qui doit être fait. C’est pourtant cela qu’il faut souhaiter.

Oh, pardon, ce n’était pas un tract d’Alternative Libérale, contrairement à ce qu’il semble, mais le dernier post de Jean-Michel Aphatie sur son blog . Celui qui se dit “journaliste”, “objectif”, et qui peut beugler, à une heure de grande écoute, sur Canal + : “mes opinions c’est le journalisme !”. Mais bien entendu.


© MC : Lisons ensemble ce tract d’Alternative Libérale

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