riposte
Fin de l’Europe
© MC - 15.05.08 | 11:12
Quand on voit ça, on DOIT relire mes notes sur l’Europe :
Dans le hall des facs, quelque fois, il y a des manifestations organisées par les “Jeunes Européens”, ou bien l’UDF, ou bien des organismes européistes aux noms évocateurs, “Europe et Jeunesse”, “Génération Europe”, etc. J’en ai croisé une aujourd’hui. C’est émouvant, vraiment.
Des jeunes étudiants ont pris des photos du drapeau européen dans des lieux divers, ils ont organisé une sorte de petit concours “Et toi, l’Europe, tu la vois comment ?”. C’est… gênant. On est embêté pour eux, on se dit que c’est un peu comme les discussions avec notre papa qui veut nous expliquer la reproduction : il tente un rapprochement, des blagounettes et installe une fausse complicité, et où on est terriblement mal à l’aise parce qu’il ne comprend pas qu’il est ridicule…
Voilà, il y avait donc tous ces “jeunes”, “européens”, avec leur petite expo photo, et leur petit concours… Quand on me parle de l’Europe et de “jeunes européens”, j’ai toujours l’impression qu’on fait du second degré. Cette sémantique niaiseuse, ce mélange de (fausse ?) naïveté, d’angélisme et de soft idéologie…
Bref, tout ça me rappelle que j’ai rédigé, voilà un an et demi, sur ce même blog, oui oui, tout au début, une note que j’ai relue aujourd’hui. Et dont je suis tout spécialement fier. Et qui s’appelle : L’Europe, cette idée qui pue .
Pas un mot que je puisse changer, un an et demi après. Selon moi, un bijou de psychosociosophie. En toute modestie, évidemment.
J’ai écrit ça le 20 mars 2007, soit avant d’avoir vu les tronches de ces trisos.
Ajoutons que ce genre de manifestations, qui ne sont pas sans rappeler les rassemblement mongoloïdes des jeunes cathos (Thésée, JMJ, etc.), faisant appel aux valeurs pseudo-communicatives de la jeunesse, de la foule en liesse, de la musique funny ; loin de signifier la montée en puissance de la cause défendue, en soulignent la pathétique décadence.
L’Eglise croit donner une image de force et de jeunesse en alignant ses “jeunes” qui chantent et dansent et en modernisant son discours (”Avec le Christ, tu vis plus fort !”) ; alors que ce faisant elle sursignifie la déréliction lamentable qu’elle subit et la crise identitaire à laquelle la mondialisation la confronte. Ces démonstrations, loin d’être des signaux de montées en puissance, sont les symptômes d’une institution moribonde et souffreteuse.
Reprenons le fil de l’analogie : à l’instar de l’Eglise, donc, et bien l’Europe est très manifestement une idée morte. Comme je le prophétisai il y a bien longtemps. Pour que les “jeunes européens” en soient réduits à cette christianisation de leur communication, c’est bien que l’Europe n’intéresse absolument pas les jeunes, qu’elle n’a strictement aucun avenir. Et d’ailleurs, d’un point de vue strictement scientifique, ça n’a rien d’étonnant : la datation au carbone 14 du concept d’Europe (de fédéralisme européen) est indubitable : 1950-1970. L’Europe, c’est Schuman, Monnet, Giscard. Mais les jeunes, eux, s’en contrefoutent, et chaque nouvelle génération en a moins à foutre de l’Europe que la précédente.
Alors regardons danser et rigoler ces faces de pets et ces catholiques frigides à jupe plissée (avec la petite beurette et le noir de service ; pas de pédale par contre) recouvrant leurs habits d’étudiants honnêtes d’un magnifique T-shirt européiste ; et assimilons-les à des embryons fraîchement avortés gigotant encore et tressautant une ultime fois avant la chasse d’eau terminale.
Lien: http://a.wordpress.com/avatar/mcmcmc-128.jpg


