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Maxime PisanoÉditionsDernière édition

Franchises médicales, et après?

©  Maxime Pisano -


C’est une chose que je devrais faire plus souvent: aujourd’hui, je donne la parole à un lecteur qui n’est pas de mon bord politique. J’avais eu envie il y a déjà quelques temps de passer le témoin, le temps d’une note, à quelqu’un qui ne soit pas forcément de ma famille politique, puis avais abandonné, jusqu’à ce que Svoboda , fidèle lecteur de ce blog et ami irl, me propose une note. La voici dans son intégralité.

En premier lieu je souhaite remercier chaleureusement Maxime d’avoir mis son blog à ma disposition. Cette note a pour but de présenter le problème complexe de la sécurité sociale, thème récurrent de tous les débats politiques depuis de (trop ?) nombreuses années. 

Commençons par quelques considérations historico-économiques. La sécurité sociale fait suite aux travaux du Conseil National de la Résistance et au rapport Pierre Laroque. L’ordonnance du 4 octobre 1945 instaure le régime général, réservé aux salariés du commerce et de l’industrie et à leurs familles. La loi du 22 mai 1946 généralise la sécurité sociale mais il faudra attendre 1961 (soit près de 40 ans) pour que le système devienne quasi universel. En 1962 on l’étend aux exploitants agricoles et en 1967 aux professions indépendantes. 1974 marque l’harmonisation de l’assurance maladie.

D’un point de vue économique la sécurité sociale prend en charge 75% des dépenses de santé, sachant que les plus démunis (via la CMU), les gens atteints d’ALD (affections de longue durée), les séjours à l’hôpital supérieurs à un mois sont pris en charge à 100% (cette liste n’est pas exhaustive). En 2003 la dépense courante de santé (DCS) s’élevait à 168 milliards € (plus de 10% du PIB !) dont 147 milliards € pour la consommation médicale totale (CMT) ; soit 2200€/an/personne. Le budget de la sécurité sociale est assuré dans sa plus grande partie par les cotisations sociales (l’adhésion à la Sécu est obligatoire par solidarité nationale). 

Le problème qui se pose est donc d’assurer le financement à long terme de cet organisme si cher aux Français J. N’oublions pas que notre population vieillit et qu’avec l’âge le nombre de soins augmente. De plus les technologies de pointe employées en médecine sont très onéreuses (une IRM coûte plus de 300€ !). Plusieurs options sont envisageables :

  • Demander à l’Etat d’augmenter sa participation. Mais déshabiller Pierre pour habiller Paul est une solution à très, très court terme.
  • Augmenter les recettes en augmentant les cotisations. Solution logique mais très impopulaire qui pourrait avoir comme effet pervers d’augmenter la consommation médicale.
  • Les franchises médicales. Elles se rapprochent dans l’idée d’une augmentation des cotisations avec ceci en plus qu’étant appliquées au moment du paiement elles font prendre conscience du prix des soins.
  • Responsabiliser notre consommation médicale. C’est à mon sens le point le plus important. La santé a un coût et la sécurité sociale en « démarchandisant » les soins nous l’a peut-être fait oublier. Voici quelques exemples en guise d’illustration. Outre les arrêts de travail intempestifs (qui font le régal des journalistes) il y a les consultations aux urgences –très chères- pour des choses qui auraient très bien pu être prises en charge par le médecin traitant. Signalons aussi les bons de transports pour les trajets entre le domicile et l’hôpital. L’année dernière le CHU de Nancy en a signé pour 30 millions € ! Hé oui un trajet en ambulance coûte bien plus que le simple prix de l’essence. Ainsi une femme qui vient d’accoucher a le droit de rentrer chez elle en VSL (véhicule sanitaire léger) ; vous seriez surpris du nombre d’entre elles qui profitent de ce droit alors que leur mari aurait très bien pu les ramener en voiture !

La pérennité de notre système de soins passe donc à mon avis par une responsabilisation de notre consommation médicale. De plus il faut garder à l’esprit que la sécurité sociale redistribue tout, si vous payez plus pour votre rhume hivernal cela sert sans doute à financer les 50 000 € d’une année de dialyse.

Pour finir, gardons à l’esprit qu’il n’y a pas de solution miracle, les « il n’y a qu’à » ne feront pas avancer le schmilblik !

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© Maxime Pisano : Franchises médicales, et après?

Repris par Left_blogs, Didier

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