mouvement démocrate
Don Farid Taha de la Mancha.
© Maxime Pisano - 16.05.08 | 09:58
Il est un homme que j’observe beaucoup en ce moment, et qui gagne à être connu: Farid Taha . Son récent coup d’éclat au premier conseil national du Mouvement Démocrate a fait un peu de bruit (dans le JDD notamment, mais aussi sur les principales chaînes de télévision), et déchire la blogosphère centriste. Sur France Démocrate , les commentaires se déchaînent contre Farid Taha, qui n’aurait selon certains jamais dû étaler ça de façon publique, ou contre François Bayrou, autiste et détenteur d’un pouvoir personnel inacceptable. La parole est tellement muselée que la bisounoursienne Quitterie Delmas et ses habituels commentateurs enthousiastes préfèrent ne pas répondre à un commentaire que j’ai posté sur son blog pour en savoir plus, voire en suppriment pour montrer l’image d’un conseil national idyllique . La Pravda centriste, en somme.
Mais quel crime a donc commis Farid Taha , pour être ainsi décrié sur la blogosphère du centre? Il a tout simplement critiqué Bayrou . Quelle honte, n’est-ce pas? Critiquer ainsi le chef, et en plus devant les caméras, voilà un crime de lèse-majesté qui n’est pas du tout du goût de M. Lehideux , conseiller national, qui chope tout simplement Taha dans un coin pour lui dire tout le bien qu’il pense de lui. Un autre lui lance posément qu’il est un salopard. Il n’est apparemment pas le seul à émettre ce genre de critiques, mais là où Taha franchit le Rubicon, c’est en l’affirmant publiquement.
L’attitude de ses détracteurs est hypocrite . Tout le monde sait que le MoDem est en ce moment dans une merde noire du fait de ses divisions (et quand j’entends des centristes se gausser des divisions du PS, j’éclate de rire) découlant des municipales, et tout le monde sait que le MoDem tel que le construit Bayrou n’est dans sa structure que peu différent de l’ancienne UDF : un parti avec un chef, chef qui seul dépose les textes, et une considération minime de la voix des militants. On pourrait citer à l’envi l’exemple des municipales nancéiennes, où Bayrou, contre l’avis des militants, impose Françoise Hervé , croulante transfuge de droite, au score éminemment symptômatique de l’état du MoDem en France, un an après sa création.
On me parle souvent de discuter avec le MoDem . Tout ce magma structurel qui pèse sur sa création in concreto masque assez habilement son incapacité à dégager une ligne claire , un an après. On me dira que nous, socialistes, ne faisons pas mieux. Le congrès qui nous attend répondra à cette question, d’une part. Ensuite, nous n’avons, nous, aucun complexe à l’affirmer: nous sommes de gauche . Quand les militants du MoDem pourront tenir la même affirmation, peut-être discuterai-je avec eux.
Quelque chose me dit que j’ai encore du temps devant moi.
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