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Diesel 50 PPM:L'Etat et Samir s'engagent pour début 2009

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C'est un vrai débat qui s'enflamme aujourd'hui sur le passage au gasoil 50 PPM (parties par millions, 0,005% de soufre). Si, les intervenants dans le secteur des hydrocarbures sont unanimes quant aux bienfaits environnementaux de la suppression du Gasoil dit ordinaire (10.000 PPM, 1% de soufre), ils n'en restent pas moins partagés sur sa faisabilité technique et financière.

C'est un vrai débat qui s'enflamme aujourd'hui sur le passage au gasoil 50 PPM (parties par millions, 0,005% de soufre). Si, les intervenants dans le secteur des hydrocarbures sont unanimes quant aux bienfaits environnementaux de la suppression du Gasoil dit ordinaire (10.000 PPM, 1% de soufre), ils n'en restent pas moins partagés sur sa faisabilité technique et financière. En effet, le raffineur Samir et le gouvernement se sont fixé (enfin, ndlr) une date de sa mise sur le marché, à savoir début 2009, soit dans moins de huit mois. Vers cette date, les stations-service proposeront deux produits seulement, le gasoil 50 PPM et le sans plomb, même le 350 PPM sera banni en sus de l'essence super.

C'est, justement, ce que stipule l'arrêté 1546-07 du 3 août 2007 du ministre de l'Energie et des Mines qui rend obligatoire le respect par les professionnels de ces nouvelles caractéristiques. La volonté politique à vocation environnementale qui germait depuis déjà six ans, sous la double pression des organismes internationaux et des constructeurs automobiles, aurait donc fini par aboutir à quelque chose de concret.

D'aucuns pensent que le retard a été provoqué par l'incendie dont Samir a été victime en 2002. D'autres estiment, par contre, que le gouvernement n'avait pas encore une idée précise du montage budgétaire qu'une telle révolution requiert et qu'il se contentait de jouer le go-between, encore une fois, entre raffineur et distributeurs. Toutefois, malgré les engagements de part et d'autres, le doute plane au sujet de deux points essentiels. Primo, le raffineur serait-il en mesure d'honorer les délais impartis ? Secundo, le gouvernement impactera-t-il le prix du nouveau gasoil à la pompe ? Car, légitimement, l'automobiliste et les transporteurs de manière générale se posent la question sur le prix à payer pour un carburant de meilleure qualité.

Contacté par Le Matin, Jamal Ba-Amer, PDG de Samir affirme que l'installation des nouvelles unités dédiées au 50 PPM est à 83% de son état d'avancement et que leur démarrage est prévu à la fin de l'année 2008 pour que le nouveau produit soit sur le marché dès janvier 2009. Le responsable estime, par ailleurs, qu'une période transitoire de un à deux mois sera de mise afin que le circuit d'approvisionnement soit bien huilé. Il n'écarte pas l'hypothèse de garder le 350 PPM durant cette phase. Quant au prix à la pompe, contrairement à la prudence gouvernementale sur ce sujet sensible, Ba-Amer pense qu'« un gasoil de qualité ne peut être offert sans contrepartie ». En effet, le raffineur s'est engagé dans un plan d'investissement de l'ordre de 9 milliards de DH dédiés à la modernisation de ses installations. Un vrai pactole qui devrait se traduire par un important retour sur investissement au profit de Samir. Techniquement parlant, selon Ba-Amer, sur la base d'un cours à 120 dollars, la marge bénéficiaire par baril varie entre seulement 1,5 et 2 dollars après déduction des charges. Grâce aux nouvelles unités de raffinage, la société compte porter cette marge à 6 dollars. En tout cas, selon le responsable, l'Etat supportera un lourd fardeau pour maintenir les prix à des niveaux tolérables.

Effectivement, la combinaison de trois facteurs, flambée du pétrole, gros déficit de la Caisse de compensation et exigence de qualité, n'est pas pour faciliter la tâche à l'équipe El Fassi. Sa mission aurait été plus facile, il y a quatre ans, lorsque le souci environnemental ne sous-tendait pas autant de sacrifices. Contacté, Saïd El Aoufir, directeur des combustibles et carburants au ministère de l'Energie et des Mines, confie qu'un communiqué sera incessamment rendu public pour informer sur les détails du passage au 50 PPM et essence sans plomb. S'agissant du prix à la pompe, le responsable rassure, « si augmentation il y a, elle sera insignifiante, de l'ordre de quelques centimes ».

Il s'appuie sur le fait que le diesel normal (10.000 PPM) représente 98% de la consommation. Il est soutenu à 2,53 DH/litre par la Caisse de compensation. Tandis que le 350 PPM (2%, soit seulement 200.000 tonnes par an) vendu à 9,13 DH et subventionné à raison de 1,82 DH/litre, ne représente pas une grosse charge pour l'Etat. Rappelons que ce type de diesel a été introduit au Maroc en 2002 sous l'impulsion de la Fédération de l'automobile pour alimenter les moteurs TDI et HDI. En 2008, explique El Aoufir, l'Etat supportera 24 milliards de DH sous forme de subventions déclinées en 10 MMDH pour le gaz butane, 10 MMDH pour le gasoil ordinaire, 3 MMDH pour le fuel et 1 MMDH pour l'essence.

Autre son de cloche au Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) qui reste dans le wait and see. Selon un responsable sous couvert d'anonymat, les contours de la nouvelle tarification ne sont pas encore clairs et aucune information officielle ou officieuse n'a filtré à ce jour. Pour sa part, My Abdallah Alaoui, président de la Fédération de l'énergie, indique que cette dernière s'est toujours élevée contre la mauvaise qualité des carburants ayant provoqué des réclamations de constructeurs automobile et même des MRE qui introduisent chaque année quelque 200.000 voitures. M.A. Alaoui nous confie que des discussions sont en cours entre les départements ministériels concernés et les professionnels ainsi que des études commandées pour trouver le meilleur montage financier d'ici la fin de l'année.

Pour lui, si le gouvernement veut montrer aux institutions internationales son engagement à respecter l'environnement, il doit en payer le prix. Mais vu la réalité marocaine marquée par un Budget sous la chape de la compensation, nuance-t-il, il sera difficile pour le gouvernement de prendre en charge le différentiel. Enfin qu'il pleuve ou qu'il neige, le raffineur est absolument tenu de fournir le 50 PPM quitte à l'importer si les installations ne sont pas fonctionnelles d'ici là.


Grain de sable Il y a aujourd'hui une conscience chez tous les intervenants dans le secteur de l'importance et même l'urgence de rouler avec un carburant moins polluant. Dans une ville comme Casablanca, l'air est devenu irrespirable provoquant des maladies et des irritations pulmonaires. La Santé en paie les frais et par ricochet le budget général. Ce qui pousse les observateurs à conclure que l'Etat gagnerait en matière de santé s'il affiche clairement sa volonté politique de respecter l'environnement. La problématique se pose, néanmoins, avec acuité dans le secteur du transport qui consomme 70% du diesel ordinaire. Selon My Abdallah Alaoui, président de la Fédération de l'énergie, c'est là où le bât blesse : « le gouvernement serait contraint d'imaginer des formules pour compenser les transporteurs s'il en vient à augmenter le prix du nouveau gasoil 50 PPM ». En effet, c'est à ce niveau que les transporteurs peuvent jouer le grain de sable.

Par Mostafa Bentak | LE MATIN


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