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Terra Nova : la Fondation progressiste
© Luc Mandret - 13.05.08 | 11:00
Lancement aujourd'hui de la Fondation Terra Nova . L'ambition de ce nouveau think-tank : "fournir de l’expertise à la gauche progressiste et contribuer à la rénovation de sa « matrice idéologique »". Et ce grâce à plus de "250 experts et plus de 100 personnalités, universitaires, chercheurs, responsables associatifs et syndicaux, chefs d’entreprise, personnalités européennes et internationales". A la tête de cette Fondation progressiste, nous retrouvons un socialiste, Olivier Ferrand, passé par les cabinets de Lionel Jospin à Matignon, de Romano Prodi à la Commission Européenne pour atterrir comme proche collaborateur de Dominique Strauss-Kahn.
La Fondation Terra Nova dispose d'un "conseil d'orientation scientifique" présidé par Michel Rocard. Dans ce conseil, l'on trouve une grande partie de ce que la France compte d'intellos plutôt de gauche : des sociologues Dominique Meda et Michel Wieviorka aux économistes Elie Cohen et Jean-Paul Fitoussi, en passant par des politologues comme Olivier Duhamel ou Bruno Tertrais. Et également une tripotée de politiques : des proches de Ségolène Royal comme Jean-Pierre Mignard, mais aussi le fondateur des Gracques Bernard Spitz, ou encore un candidat du MoDem venu de la gauche en la personne de Jean Peyrelevade, sans oublier tous ceux qui gravitent dans le lobbying politiques, proches de la gauche, souvent passés par des cabinets ministériels, et dont l'influence n'est pas à démontrer comme Jean-Noël Tronc, Matthieu Pigasse, David Kessler, Denis Olivenne ou encore Daniel Cohn-Bendit.Un think-tank qui se positionne à gauche de l'échiquier politique. Du moins à l'aile droite de la gauche, et qui souhaite influencer la gauche de demain. Le document de présentation est pour le moins ambitieux. L'objectif assumé est clair : devenir l'Institut Montaigne de la gauche, ou même le Center of American Progress français. La Fondation Terra Nova se positionne sur trois fronts : "favoriser la rénovation intellectuelle de la social-démocratie", mais aussi elle "analyse, élabore et accompagne la mise en œuvre de solutions politiques opérationnelles auprès des leaders politiques, des élus nationaux et locaux, de l’ensemble des administrations et des structures ou entreprises privées et publiques et partenaires économiques qui participent aux politiques publiques" et enfin un front européen pour "s’inspirer des réussites et des bonnes pratiques de nos partenaires européens, participer de l’influence intellectuelle de la France en Europe, contribuer à faire émerger une doctrine progressiste européenne". Ambitieux certes, un peu mégalo aussi ?
Double positionnement donc : vers les élus et les réseaux politiques principalement, mais vers le grand public également. Je pense que le lancement sera pas mal médiatisé dans les milieux qui comptent. Très certainement un beau succès à venir, et à coup sûr la fabrique à idées du prochain candidat socialiste. D'autant que la Fondation Terra Nova, à peine lancée, propose déjà deux notes prête à l'emploi : la première sur l’ouverture à la concurrence des jeux d’argent , la seconde sur la révision constitutionnelle et les droits de l’opposition , note dont les critiques, propositions et conclusions seront très certainement reprises par l'opposition tant le prêt-à-mâcher et à régurgiter est efficace.
La "gauche progressiste" est bel et bien en marche, organisée et en ordre de bataille : reste à savoir quel socialiste s'emparera de cette machine intellectuelle pour le moins impressionnante et certainement efficace. Reste à savoir ce que sera la riposte de la gauche des socialistes.

