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Pie voleuse du Mexique, monstres lubriques et divines redondances

©  Lovedreamer -

 

 

Pour lire le début du texte, cliquez sur la partie qui vous intéresse :I,II,III,IV

 

Le silence nous tient compagnie pendant quelques minutes. Je reste au chaud en moi à regarder la ville Satan étaler sous mes yeux toutes les nuances que le gris peut compter, inlassable. Il finit par demander :

- Tu es célibataire depuis longtemps ?

- Oui, depuis 3 ans.

J'aimerais ne rien ajouter mais je fais l'effort de lui raconter un peu mes dernières aventures, sans en donner les détails. Je ne sais pas trop sur quel pied danser avec lui ni ou tout ça nous mène et je ne veux pas me dévoiler tout à fait, d'autant que le passé récent me réchauffe encore, je n'ai pas envie qu'il y touche avec ses idées. Je préfère détourner rapidement la conversation sur lui :

-  Et toi, tu es célibataire ?

-  Bien sur !

Comme je l'attendais, il affiche un petit air offensé pour me faire comprendre qu'il ne serait pas si pressant avec moi si ce n'était pas le cas puis me raconte sa dernière histoire d'amour, une passion ardente pour un jeune mexicain qui ne l'aimait pas véritablement. Il parle à mots couverts mais je comprends que l'autre le fréquentait pour son argent et profitait de lui. Un gigolo de plus, au visage impeccable et aux muscles saillants, qui, sans le moindre scrupule, l'a délesté de quelques lingots avant de le laisser choir à la faveur d'une nouvelle proie, plus innocente encore.

-  J'étais fou de lui. J'ai beaucoup souffert. Pendant un an, je ne pouvais plus tomber amoureux, je détestais l'amour… Mais aujourd'hui, je me sens prêt à aimer de nouveau.

-  Bien !

-  Et toi ?

La violence du retour de la balle me surprend quelque peu.

-  Je ne sais pas…

Il me regarde de ses yeux dérangeants qui semblent fouiller mon esprit puis pose à nouveau sa main sur ma cuisse. C'est comme une hydrocution. Je reste sans bouger, mal à l'aise jusqu'à l'extrême pointe des cheveux, à le laisser tâter ma peau à travers la toile.

-  Joaquim, j'ai l'impression que tu mets des barrières entre toi et les autres, poursuit-il doucement

-  Non, je ne pense pas.

-  Si, si, c'est évident…  Sans forcément se projeter on pourrait peut-être se donner une chance, toi et moi.

J'ai du mal à comprendre s'il parle de sexe ou de relation amoureuse mais le retour de ses pensées obsessionnelles balaie mes interrogations :

-  Se rencontrer comme ça, ce qui nous arrive, ce n'est pas banal.

-  Se rencontrer dans un lieu de drague, pour des homos ? Je dirais que c'est EXTREMEMENT banal !

Il retire enfin sa main.

-  Dans un lieu de drague ?!

Je répète, en me demandant si c'est bien cette formule qu'on utilise en anglais pour dire « draguer ».

-  Il y a des garçons qui draguent d'autres garçons dans ce jardin ?!

Plus que surpris il semble choqué par cette idée et je suis content de lui retourner sa gêne. Je continue, volontairement provocateur :

-  Oui, moi par exemple. Même si « chasser » serait mieux choisi que « draguer ». C'est un lieu de « rencontres sexuelles » pour faire dans le « politiquement correct ».

-  Oh mon Dieu !

Nous avons tenu une bonne demi-heure sans l'évoquer, celui- là mais nous y voilà. Je le regarde se décomposer derrière son volant. Il devient rouge et me jette de petits yeux effarés dans lesquels je trouve de moi le reflet d'un monstre. Une nouvelle distance semble nous séparer, si bien que j'ai l'impression qu'il s'est éloigné physiquement de mon corps pour se coller contre sa portière. Il me fait me sentir à mon tour divinement mal.

-  Sincèrement, tu ne le savais pas ?!

-  OH MON DIEU !!!

Oh mon Dieu, qu'il trouve autre chose à dire !

(A suivre …)

 

Dans le prochain épisode je ne suis pas exorcisé du Malin homosexuel par l'Evêque de la ville bûcher alors que je vocifère des « Tom Ford BAISE MOI !!! »  rauques à travers un filet de bave malodorant et je ne reçois pas sur mon cellulaire un appel hystérique de Madonna qui tient absolument à jouer le rôle de ma grand-mère dans l'adaptation hollywoodienne de ma vie.

 

 

Noir désir/Yann tiersen, Ces gens là (Brel)

 

“Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne pense pas, Monsieur
On ne pense pas, on prie”

 

 

 


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