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(14) Hugo.

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Hugo

 

J’étais allongé sur mon lit, les bras derrière la tête, pendant que Jérémy jouait à la console à côté de moi. Il poussait des jurons à chaque vie perdue et des grognements lorsqu’il ne tuait pas un méchant.

-         T’as fini de jouer à ce truc ? Ce jeu, je l’ai eu pour mes dix ans, il est temps que tu arrêtes de t’acharner dessus à chaque fois que tu viens ici.

-         P’tain ! M’parle pas ! Tu vas me faire rater le niveau ! s’exclama-t-il.

C’est ce qui arriva quelques secondes plus tard. Vexé d’avoir perdu, il jeta la mannette et éteignit la console pour ensuite s’affaler à mes côtés.

-         Ce jeu est nul, déclara-t-il.

-         Content que tu t’en rendes compte.

Il soupira bruyamment.

-         Comme ma vie en ce moment. J’en ai marre. Marre de mes parents qui passent leur vie ailleurs que chez nous, marre de me faire chier, marre des cours, marre des filles… Marre de tout !

-         Oh oui, j’imagine que tu as une vie vraiment très insupportable, que dis-je, insoutenable même ! Je te plains vraiment.

-         Ouais, c’est exactement ça… dit-il, ne comprenant pas mon ton ironique.

-         Arrête Jérém’… Sérieux, t’as une belle baraque, t’as un paquet de filles à tes pieds, et bon, OK, tes parents sont presque inexistants, mais je t’assure que parfois ce n’est pas plus mal. Les parents peuvent être très lourds.

-         Des filles à mes pieds ?! Si seulement ! gémit-il.

-         Tu te fous de moi ? En plus de Léonore, tu en as au moins 3 sur le feu ! m’écriais-je.

Il ne répondit pas.

-         D’ailleurs je ne comprends pas comment tu arrives à jongler entre elles sans qu’elles ne s’en rendent compte, ajoutais-je.

-         Oh ça, c’est une question de timing.

Je le fixai, incrédule.

-         Tu n’as vraiment peur de rien toi ! rigolais-je.

Il se leva, s’étira et me dit :

-         Je rentre chez moi. Tu viens ?

-         Tu veux que je te raccompagne ?

-         Ouais, s’il te plaît.

-         Bon euh, ok.

Il prit ses affaires et nous prîmes le chemin de sa maison.

Quelques minutes plus tard, arrivés devant, il se tourna vers moi.

-         Merci.

-         Pas de quoi.

Il avança vers la porte d’entrée puis me regarda.

-         Merci pour tout Hugo.

Il sortit sa clé et pénétra dans la maison.

Je restai sur le bord de la route à regarder la façade. « Merci » ? Pourquoi tout à coup me disait-il ça ? Je le sentais mal en point en ce moment mais je ne pensais pas que c’était aussi grave pour qu’il me remercie soudainement à propos de je ne sais quoi.

Je pris le chemin inverse, les mains dans les poches, en réfléchissant à ce qui venait de se passer. Tout à coup, quelqu’un me heurta. Je perdis l’équilibre mais me rattrapa de justesse alors que l’autre personne tomba au sol.

-         Tu ne peux pas faire gaffe où tu marches, pauvre con ?! hurla celle-ci.

Tiens, Léonore. Ca faisait longtemps que je l’avais vu.

Elle leva la tête et s’aperçue que c’était moi.

-         Oh, c’est toi… Crétin.

Je lui tendis la main et l’aida à se relever.

-         Excuse-moi, je ne t’avais pas vu, dis-je.

-         Ouais, c’est ça ! Et moi j’suis copine avec E.T ! lança-t-elle, sarcastique.

-         Je t’assure que je ne t’avais pas vu, idiote.

Elle me jeta un regard noir.

-         Tu allais chez Jérémy ? demandais-je.

Elle changea radicalement d’expression et sembla gênée.

-         Peut-être bien… répondit-elle évasivement.

-         Quoi ? Tu ne sais pas où tu vas ?

-         Si, mais en fait j’hésitais à aller le voir.Tu viens de chez lui ?

-         Oui. Je l’ai raccompagné, il a passé la nuit chez moi.

-         Ah d’accord.

-         Alors ?

-         Alors quoi ?

-         Bah tu vas chez lui ou non ?

Je la fixai, attendant une réponse. Elle rougit et puis explosa :

-         Roooh, c’est bon ! Ne me regarde pas comme ça ! Je sais ce que tu penses ! Tu penses que cette relation est parfaitement bidon et que je devrais arrêter là avant de souffrir. Je sais ça ! Et je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais ce n’est pas si simple. Moi je l’aime, Jérémy, j’ai de l’affection pour lui... Ce n’est pas si simple, murmura-t-elle.

Je ne la quittais pas des yeux. Elle avait l’air complètement perdue.

-         Tout le monde me dit d’en finir avec cette histoire. Mais je n’y arrive pas…

-         Je vois, dis-je.

Elle releva la tête, soudainement.

-         Comment ça « je vois » ?! Tu ne peux pas dire quelque chose d’un peu plus utile ? s’écria-t-elle.

-         Euh… Non, désolé.

-         C’est pas possible, tu ne sers vraiment à rien ! fulmina-t-elle. Tu pourrais faire un effort pour m’aider ! T’es égoïste ou quoi ?

-         Ca ne vas pas de t’énerver comme ça ?! Vas te faire foutre, dis-je, vexé.

Je passai à côté d’elle et continua mon chemin, sans me retourner.

-         Et en plus tu es susceptible ! l’entendais-je dire. Tu n’as vraiment rien pour toi, mon pauvre !

-         Je t’emmerde, Léonore. Je ne t’ai absolument rien demandé, je me contre-fous de ta vie alors lâches-moi. Laisses-moi tranquille, putain !

J’étais hors de moi. Je donna un coup de pied rageur dans une canette qui trainait au sol. Pour qui se prenait-elle à me parler comme ça ?

Je marcha aussi vite que je pus, sans faire attention à ce qui m’entourait. Des pas s’approchèrent de moi. Léonore me prit le poignet et me tira pour que je lui fasse face.

-         Je suis désolée, Hugo.

Je ne répondis pas, me contentant de la regarder méchamment.

-         Excuse-moi d’avoir dit ce genre de choses, c’était complètement faux. J’étais juste en colère contre moi d’être comme je suis et je me suis énervée sur toi.

Elle fit la moue, tenant toujours mon poignet dans sa main droite.

-         Pardonnes-moi, répéta-t-elle.

-         Mais pourquoi tu veux autant que je t’excuse ? lançais-je, agressivement. Après tout, je ne suis personne pour toi et tu n’es personne pour moi. Alors pourquoi ?

-         Mais non Hugo. Enfin en tout cas, pour moi, tu n’es pas personne. Que ça t’étonnes ou non, j’ai besoin de quelqu’un comme toi à mes côtés. Tu es la seule personne dont j’ai envie d’écouter les conseils et à qui je fais confiance pour me refroidir en cas de dérapage. Tu sais bien que je suis un peu à côté de la plaque parfois et que je ne vis pas forcément ce que je voudrais, mais je te fais confiance d’être là pour m’aider. Ne me demandes pas comment cela se fait que ce soit toi qui ais ce rôle-là dans ma vie, je me pose aussi la question.

Après avoir dit tout ça, elle me sourit. Ses yeux pétillaient et une fossette apparut sur sa joue gauche.

 Je ne savais pas quoi dire. Je la fixai, les mots me manquaient.

-         Ah ça t’en bouches un coin, hein ? dit-elle en riant. Tu verrais ta tête, c’est tordant.

-         Je ne sais vraiment pas quoi dire…

-         Ne dis rien.

Je soupira, la tête pleine de pensées qui allaient et venaient. Je ne savais pas comment prendre ce qu’elle me disait. Est-ce que ça me faisait plaisir ou, au contraire, je trouvais ça complètement idiot ? Je n’en avais aucune idée. Tout ce que je savais, c’est que je ne lui en voulais plus de s’être énervée contre moi.

Je me passai les mains dans les cheveux et dis :

-         Ecoute, je pense que si tu veux arrêter de te torturer l’esprit à cause de Jérémy, il faut que tu mettes fin à cette relation bizarre et que tu en entames une normal.

-         Avec lui ? Ou avec quelqu’un d’autre ? demanda-t-elle.

-         Bah, avec lui. Comme un couple normal. Chacun reste fidèle à l’autre.

-         Je ne pense pas que je pourrais lui faire confiance. J’aurais toujours peur qu’il me trompe…

-         Eh bien, si tu n’as pas confiance en lui, il faut arrêter tout, tout de suite. Pas la peine de continuer.

-         Tu crois ?

-         Je te dis juste ce que je pense. Après tu en fais ce que tu veux.

Elle me fit un grand sourire et m’embrassa sur la joue.

-         Merci Hugo.

Je la regarda, bouche bée.

Qu’est-ce qu’ils avaient tous à me dire merci, aujourd’hui ?

-         Tu sais que parfois j’ai l’impression de ne pas avoir la même personne en face de moi ?

-         Je sais. Mais il y a des jours où rien que ta vue m’exaspère alors c’est sûr que je suis moins gentille.

-         Hum. Merci.

Elle me lâcha enfin le poignet et commença à suivre la route que j’empruntais tout à l’heure pour rentrer chez moi.

-         Alors ? dis-je.

-         Alors quoi ?

-         Tu ne vas pas voir Jérémy ?

-         Non. Plus maintenant.

Elle sourit et avança.

-         Où tu vas ?

-         Je vais chez toi. J’ai entendu dire que tu avais de supers jeux vidéo.

-         Tu pourrais me demander mon avis, avant !

Je la rattrapai et marchai à ses côtés. Elle rigola.

Je me sentais bien. J’avais envie de finir cette journée à rire avec elle.

 

 

C'est du long chapitre ça, hein! Je pense m'être faite pardonnée maintenant. J'espère que vous avez appréciez et si ce n'est pas le cas, FUCK .{#}

Sinon, comme vous le savez, j'ai passé une semaine anglophone à Evreux et je vous avoue que c'était génialissiment génial! J'ai rencontré pleins de gens supers et j'ai bien speaké anglais.{#} Pour plus d'infos et pour les photos, vous pouvez aller voir sur mon blog perso: http:/crackle.cowblog.fr

Voilààààà.

Je vous aime.{#} ( no panique , je suis d'humeur affective en ce moment).

 


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