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Société

La société en 2010,à l'état brut:Le médecin,le sans papier,le dresseur d'ours

© Le blog d'Eva, R-sistons à - accéder à la source - infos
21/01/10 | 19:33

Wikipedia.org

Ours et dresseuse d'ours,

la société en 2010.

Bonne année !

Par Eva R-sistons

Mes amis,

Trop beau, trop mignon, je ne peux m'empêcher de vous joindre ces lignes du médecin "juste après dresseuse d'ours", "les histoires d’une jeune généraliste, brutes et non romancées. Sinon c’est pas rigolo". Alors, elle est pas belle la vie ? Elle est pas belle, notre société ?

Allez, croquez à pleines dents dans cette tranche de vie, toute crue, la médecine (féminin de médecin) et son "patient", très patient, vraiment patient, un Pakistanais qui tousse, qui tousse, qui tousse... et qui n'a pas de Kleenex et surtout pas de papiers !

Allez, lisez le récit de la "dresseuse d'ours". Ils sont pas marrants, nos médecins, quand ils sont comme cette médecine ???

Bienvenue en France, citoyens "étrangers", citoyens d'ailleurs, citoyens de couleur, citoyens sans papiers... Bienvenue dans notre douce France, terre d'accueil, terre d'asile... Bonne année 2010, voici le Nouvel Ordre Mondial ! Et sur C dans l'Air, on parle justement de chant du cygne du travail industriel... adieu les ouvriers ! Sarkozy aime le travail industriel, il le défend, mais oui mais oui, la preuve il va s'atteler à la mise en place du "travail à haute valeur ajoutée"... et tant pis pour nos ouvriers, tant pis pour les non-qualifiés, tant pis pour les jeunes à la recherche d'un premier emploi... "Travail à haute valeur ajoutée" ! Travail pour les employés modèles, à la cervelle de haute valeur, sur-diplômés... le gratin, quoi !!!! Du pur Sarkozy, la société qui choie les plus doués, les plus méritants, les mieux nés, les plus riches...

Et les autres ? Les pas trop doués, les pas trop futés, les pas trop diplômés ? A la casse ?

Hé hé, là ça relève de Roselyne et de ses vaccins, ou de Dassault et de ses jou-jou de guerre. Vous avez dit dépopulation ? Eugénisme ?

Hitler pas mort ? Dans notre jolie jolie société démocratique, si vantée dans nos jolis jolis médias ?

Vive la société des ours et des dresseurs d'ours !

Mieux vaut en rire, pour ne pas en pleurer !

Eva r-sistons

17 janvier, 2010

J’aime bien la neige. Parce que c’est joli, et parce que les gens réfléchissent à deux fois avant de sortir de chez eux.

Parce qu’en arrivant le matin dans la cour du Dr Carotte, elle n’est pas déjà pleine à craquer de gens qui m’attendent dans le froid.

Une après-midi calme, donc.

Dans ma salle d’attente, un seul type. Qui ressemble à peu près à lui.

http://blog.lefigaro.fr/inde/assets_c/2008/06/Zardari-thumb-325x385.jpg

C’est rigolo tout ce qu’il y a dans le non-verbal. Comment on peut savoir qu’un type ne parle pas un mot de français avant même qu’il ouvre la bouche, juste à ses yeux et à son air, à sa façon de se lever quand on l’appelle dans la salle d’attente, à sa façon de serrer la main.

Il n’a donc pas encore ouvert la bouche que je me dis « Et merde, bordel, encore un pénisalgique »

Parce que la tendance s’est largement confirmée depuis. Je crois que comme je m’en veux un peu de les détester (je déteste tous mes patients qui ne parlent pas français, moi qui suis si mauvaise en anglais, si médiocre en examen clinique et pour qui la discussion est tellement importante), je redouble d’efforts pour compenser, et qu’en définitive, alors même que j’essaie désespérément de leur faire savoir que je suis mauvaise, que je ne sais pas faire de la bonne médecine si je ne peux pas parler, qu’il y a des endroits plus adaptés pour la médecine des migrants, avec des traducteurs et des gens qui s’y connaissent, en définitive disais-je donc, je leur accorde plus d’attention que ce à quoi ils sont habitués et on se refile mon adresse sous le manteau.

C’est flagrant. J’en vois un, je lui dis qu’il faut absolument qu’il vienne avec un traducteur la prochaine fois, et dans la demi-heure, j’en ai un autre dans la salle d’attente qui bosse au même restaurant que le premier et qui ne parle pas davantage français.

Va la voir ! qu’ils doivent se dire en pakistanais pour une raison qui m’échappe totalement.

Et c’est toujours la même chose. Enfin, j’ai un peu complété le tableau syndromique depuis : la pénisalgie n’est pas constante. Fréquente, mais pas inévitable. Deux autres grands motifs de consultation : la fatigue et la jambalgie. Ils ont mal au pénis ou à la jambe, ou les deux. Et ils sont fatigués fatigués. Tous. Tout le temps.

Je ne suis toujours pas sûre de ce qu’il y a derrière. Demande de recherche de MST ? De Viagra ? De check-up ?

En tout cas ça fini à peu près toujours de la même façon : vaccinations, « check-up » et paracetamol.

Celui-là parlait aussi mal anglais que tous les précédents (c’est peut-être ça qui leur plait chez moi, réflexion faite : je parle anglais encore plus mal), il était fatigué et il avait mal à la jambe.

En tout début de consultation, j’ai eu un espoir : il m’a tendu une radio de poumons et un bilan biologique qui avaient été prescrits par le Dr Carotte. Qui n’avait pas ouvert de dossier, bien sûr, ça fait un an que je lui crie dessus pour qu’il le fasse. J’ai déduit que le monsieur devait tousser, et, la radio et le bilan étant normaux, j’ai cru dans un moment de grande naïveté que j’allais pouvoir m’en sortir à bon compte, d’autant qu’il ne toussait plus depuis les antibiotiques. J’ai cru pouvoir dire « Tout va bien, c’est bien, les examens sont normaux, allez, bisous ».

Et puis non, bien sûr.

« Et puis je suis fatigué-fatigué… », il a dit. Et puis il a dit qu’il avait mal à la jambe. J’ai demandé qui était son médecin, qui il avait vu en France depuis son arrivée il y a 8 mois, il a dit qu’il n’avait vu personne et que c’était moi son médecin.

Ma salle d’attente était vide, le bougre était sympathique, et voilà, c’était moi, son médecin.

J’ai ouvert le logiciel à la page « créer un dossier » en ravalant un soupir.

Je lui ai demandé ses papiers d’assurance maladie, j’ai copié son nom, j’ai vérifié que l’AME était toujours valable : jusqu’en Mai 2010.

Soit, allons-y.

Interrogatoire laborieux, examen clinique laborieux. On a bien passé 5 minutes pour que je puisse tester le releveur du pied, et j’ai échappé de justesse à un ou deux coups de pied dans le menton. « Push ! Push ! No ! Not this way ! »

Examen normal, jambe normale, à la surprise générale.

Et puis, à la toute toute fin, quand j’ai voulu finir de remplir le dossier, j’ai dû taper la date de naissance. 23/11/1978.

Pour un type qui ressemblait à lui, je le rappelle.

- Vous êtes né en 78 ? j’ai dit.

- Oui oui, il a dit.

- Vous avez 31 ans ?

- Oui oui.

- Vous, vous avez 2 ans de plus que moi ?

Je ne sais pas bien ce qui m’a pris, moi qui me refuse toujours à répondre à la question trop fréquente des patients sur mon âge. (« Vous avez l’air très très jeune pour être médecin ! » qu’ils s’ébaubissent… « Ta gueule », que je réponds, en me jurant de me raser les couettes)

Oui oui oui qu’il me dit. Et puis il ajoute qu’il a une disease qui lui fait des cheveux gris.

Au bout de deux fois la disease qui blanchit les cheveux, j’ai dit : « Bon. »

Et puis, dans mon anglais terrible, j’ai commencé une longue tirade. J’ai essayé de dire qu’on ne pouvait pas travailler comme ça. Que s’il voulait que je sois son médecin, je voulais bien, mais que ça ne pouvait pas fonctionner de cette façon là. Qu’il fallait que je connaisse son âge, qu’il fallait qu’il ait deux fois le même nom pour que je puisse retrouver son dossier et savoir ce qu’on avait déjà dit et fait. Que le bilan n’était pas urgent, et qu’il pouvait revenir me voir une fois qu’il aurait ses papiers, qu’il pouvait demander l’AME pour lui, et que quand il reviendrait, il faudrait qu’il me donne son vrai nom, qu’il faudrait qu’il me redonne le faux nom auquel on avait ouvert le dossier, et qu’on remettrait tout ça à plat.

Et pendant ce temps-là, pendant que je lui expliquais pourquoi je n’allais rien lui prescrire, qu’il n’aurait pas d’examens ni de médicaments tant qu’il n’aurait pas ses papiers, pendant, qu’en somme, j’étais en train de le mettre à la porte, pour la première fois depuis le début de la consultation j’ai senti qu’il devenait vraiment mon patient et que je devenais vraiment son médecin.

Merci merci merci, il a dit. Plein de fois.

Bien sûr, il n’avait pas de quoi payer la consultation, en dehors de son faux-papier.

Et puis une fois qu’il a été parti, je me suis retrouvée devant la copie de son AME et ma feuille de soins.

J’ai passé 30 minutes avec lui, j’ai fait mon taf, j’ai fait une vraie putain de consultation. Davantage, peut-être.

Je méritais mes putains de 22 euros, et je pouvais me les faire payer en disant à la sécu que j’avais fait, ce jour-là, une consultation pour un pakistanais né le 23 novembre 1978.

Qu’auriez-vous fait ?

http://www.jaddo.fr/

Publié à la suite de ce courriel reçu:

Bonjour,

Toutes mes félicitations pour votre travail fantastique.

Continuez, la vérité vaincra, elle a d'ailleurs commencé à vaincre (cf grippe A, sommet de Copenhague...)

Voilà, en surfant sur le net j'ai découvert à tout hasard un blog, mais pas n'importe quel blog :

www.jaddo.fr

Il s'agit d'un blog faussement innocent utilisant , bien sûr, les faux-beaux sentiments à la france 2 ou à la M6 pour endoctriner les jeunes médecins mais surtout les innocents étudiants en médecine.

Dans ce blog le secret médical, le serment d'Hippocrate et le serment de l'ordre des médecins y sont constamment violés et la vie des clients est étalée sur la table sans manquer, bien entendu, de les humilier (mais c'est de l'humour vous dis-je!!)

Le pire c'est que, en lisant les commentaires, j'ai appris que ce blog était "enseigné" et " vivement conseillé aux étudiants" par de nombreux enseignants de différentes facs de médecine (ce n'est pas une blague hélas)...

Je précise également que des "articles" de ce blog sont publiés dans une revue pharmaceutique : http://www.revue-medecine.com

Voilà, je vous laisse vérifier par vous-même les ravages de l'abêtissement généralisé, de la vulgarité et de la perte des valeurs, toute notre société en est imprégnée... (..)

(suite courriel, et signature, j'attends l'autorisation de l'auteur)

liste complète

Ingrid Betancourt,

la face sombre du personnage

Peu à peu, l'icone a perdu de sa superbe. Il y eut les déclarations de sa directrice de campagne Clara Rojas, elle aussi prisonnière des Farc, et puis plus récemment l'ouvrage "Out of Captivity" des trois otages américains, compagnons de captivité. Keith Stansell, Thomas Howes et Marc Gonsalves décrivaient une Ingrid Betancourt arrogante, égoïste, n'hésitant pas à mettre la vie d'otages en danger...

Le livre de Juan Carlos n'épargne pas Ingrid. "Oui, mon épouse est devenue une star. Une femme inaccessible qui n'a pas daigné m'accorder plus de trente minutes en mémoire du bon vieux temps....

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-mais-quelle-femme-est-donc-ingrid-betancourt--43391377.html

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