musée imaginaire
Rauschenberg : un pape pop casse sa pipe
© José Ferré - 14.05.08 | 00:22
“[ ROCI (Rauschenberg Overseas Culture Interchange)] était un projet dédié au pacifisme : en ce sens, cela a surtout été un échec. J'ai toujours eu cette idée dans un coin de ma tête, mais ce qui m'a déterminé à le mener à bien a été de travailler en Chine. Il y avait là tant de haine et de suspicion ! Des gens qui avaient des parents, grands-parents ou enfants vivant dans un autre village avaient besoin d'un permis pour aller les voir ! Je me suis dit : mon Dieu, dans une même famille, tu ne peux même pas avoir confiance en l'autre ! Ce n'est pas étonnant que le monde soit dans cet état.
“Si tout le monde connaissait l'autre, ce qu'il mange, comment il danse, ou pense, les relations sur la planète seraient moins brutales. Pour moi, la connaissance était à la base de tout. Alors j'ai fait, seul et avec mes modestes moyens, tout ce que j'ai pu pour présenter une nation à une autre. Par exemple, j'ai travaillé avec des Tibétains, et j'ai présenté leur travail en Chine. Et vice versa. C'est un peu tard maintenant, mais si vous avez des idées de ce genre, je suis toujours preneur...“
Ainsi parlait Robert Rauschenberg, peintre compagnon du pop art et de l'art pauvre, détourneur d'objets et capteur talentueux des mythologies contemporaines, mort hier, à 82 ans, à Captive Island en Floride.
PS - Ce mercredi, Sotheby's propose à la vente trois de ses œuvres, dont Overdrive , de 1963 (ci-dessus), estimé entre 10 et 15 millions de dollars.


