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"Les lycéens sont pris en otages"

©  Inès -

Alors que manifestent aujourd'hui plusieurs milliers de lycéens, accompagnés de syndicats étudiants et enseignants, quel est votre message ?

Nous sommes très hostiles à ce mouvement, d'autant plus que nous en constatons ces dérives. Le plus grave est la façon dont cela pénalise les élèves, notamment ceux qui sont en terminale et procèdent à des démarches pour les inscriptions dans l'enseignement supérieur. Il y a fort à parier que les dossiers d'élèves issus de lycées avec blocages seront défavorisés par rapport aux lycées qui n'en ont pas subi, principalement à cause des retards engendrés. D'autre part, ce mouvement arrive après trois autres, presque successivement. Entre la LRU et l'annulation du bac blanc, toutes ces protestations retardent la préparation pour le Baccalauréat.

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a déclaré lundi à Europe 1 qu'il ne voulait "plus parler de ces questions de postes", qui ne permettront pas selon lui de "moderniser le lycée". Que vous inspirent ses propos ?

Il a raison, c'est l'arbre qui cache la forêt. On ne peut plus accepter qu'un bachelier sur deux échoue à l'université. C'est pourquoi nous souhaitons une réforme qualitative, pas quantitative, il faut chercher à mieux répartir les cours et les charges de travail pour les élèves, et faire en sorte de mieux les préparer à la poursuite des études. Il s'agit plus d'une réforme structurelle, et il est regrettable que ce mouvement incite à interrompre la réforme. Pensez-vous comme les syndicats enseignants qui estiment le service public d'Education est menacé par ces suppressions ?

Pas du tout, rien que pour des raisons démographiques : on ne parle là que de 3500 non-renouvellement de postes. Soyons réalistes : c'est normal qu'il y ait une diminution des postes d'enseignants par ce simple non-renouvellement et les départs à la retraite. Les lycéens ne sont pas dogmatiques... Lorsqu'ils ont des cours, ils s'en fichent qu'il s'agisse d'heures supplémentaires ou non, ce qu'ils attendent, ce sont des cours de qualité.

Que vous inspire la composition des manifestations, entre lycéens, enseignants et syndicats ?

Les lycéens sont rendus victimes, les syndicats les prennent en otage ! On met dans la bouche des lycéens les mots des syndicats de professeurs. C'est tout de même sensé être un mouvement purement lycéen, et l'on constate qu'apparaissent de plus en plus de professeurs et d'autres syndicats justement.

Comment réagissez-vous par rapport aux différentes perturbations et blocages qui ont lieu dans les lycées ?

Nous venons justement de lancer une pétition sur notre site, car nous estimons dangereux ces blocages, notamment pour les inscriptions en supérieur. La proximité avec les vacances et l'enchainement possible rend les choses encore plus risquées pour les élèves : il y a là un danger. L'objectif de cette pétition est de faire prendre conscience de ce danger, et d'afficher à quel point tout cela est contre-productif.

Selon la Fidl, syndicat lycéen, les droits des élèves sont bafoués car ils ne peuvent pas organiser d'AG ou de manifestations au sein de leur établissement. Avez-vous le même ressenti ?

C'est plutôt le droit des lycéens à étudier qui est bafoué ! Le lycée est un lieu pour travailler. Si un mouvement doit être créé, il ne doit pas perturber les cours et n'a pas sa place dans l'enceinte du lycée. Il y a des lycéens qui ont envie de travailler et de réussir.

A lire sur le site de métro

ou sur le site de l'UNI Lycée


© Inès : "Les lycéens sont pris en otages"

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