quitterie delmas
Ma dernière note sur Quitterie Delmas.
© hervé torchet - 01.03.08 | 02:35
Quitterie, ce soir, à Bagneux, a montré de grands progrès dans sa maîtrise de l'outil verbal : elle a posé ses mots, accentué ses idées, trouvant de l'épaisseur dans son discours et se conférant plus d'ampleur, plus d'envergure.
Quelquefois, je me rappelle le congrès de Lyon, début 2006, la petite nénette, pieds nus à l'hôtel, un peu vautrée sur le canapé du hall, devant un carton de pizza qu'elle avait dévorée pour se restaurer après une épuisante mais passionnante journée. Quel chemin parcouru depuis ce soir-là.
Quand j'entrai, je m'arrêtai pour la considérer avec respect, elle et les deux ou trois autres filles qui venaient de dîner avec elle à minuit. Quand je m'immobilisai devant elles, elle se redressa, ôta ses pieds nus (et très menus) du sofa et les reposa par terre, surprise.
Il n'y a pas si longtemps que, toujours en 2006, elle se plaignait de ses négociations pour le bureau des jeunes UDF de Paris, où on la chamaillait avec une grande mesquinerie. Et je lui disais : "pourquoi t'emmerdes-tu avec ces bêtises qui sont bien en-deçà de toi ? Tu as des choses bien plus importantes à faire".
Elle ne comprenait pas, alors.
Et nous y voici.
Ou plutôt, la voici, elle.
Ce soir, elle est devenue une femme politique, une vraie. Elle va devoir en prononcer, des discours, pour trouver le ton juste, pour savoir faire une pause, pour chercher le sourire du public, pour soulever une salve d'applaudissements, pour entraîner une salle, mais elle a compris l'essentiel : quand on est à une tribune, on n'est plus comme dans la vie courante, il faut l'assumer et savoir en tirer les conséquences.
Elle le fera, je n'en ai pas d'inquiétude, et elle deviendra cette "arme citoyenne" qui est son espoir intime. (Au passage, un "truc" emplyé souvent par Bayrou : terminer chacun de ses paragraphes par un mot qui exprime une valeur forte et positive : espoir, crucial, rénovation, etc).
Mais je n'écrirai pas ces pages suivantes.
J'ai dit voici quelques jours que j'étais tenté d'interrompre mon blog. En fait, j'éprouve une insatisfaction, une frustration. J'ai peut-être besoin de ce que les psy appellent une "libération". J'aime peut-être trop Quitterie pour que l'écrire soit sain.
Et puis, il me semble que je ne vois plus bien l'utilité de mes textes la concernant. Et il me semble aussi qu'elle en éprouve moins de motivation. Après avoir lu la note que j'ai rédigée dans la nuit, elle ne me téléphone plus à 7 h et demi du matin pour ronchonner parce que j'ai placé une virgule au mauvais endroit ou parce que j'ai dit trop de bien de quelqu'un qu'elle déteste. Bref, on ne se parle plus.
Alors sans doute est-il temps qu'elle se trouve un nouveau mentor pour sa panoplie.
Voilà pourquoi c'est ma dernière note sur elle.