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Filoche Gérard / BakchichÉditionsDernière édition

Ils ont choisi un 1er mai pour la casse du code du travail !

©  Filoche Gérard / Bakchich -

C’est le 15 février 2005 que le ministre Larcher a mis en place la commission de « recodification » du code du travail. Il s’agissait, paraît-il, de rendre le code plus lisible et plus accessible aux usagers et ce « à droit constant » . En fait, comme l’avoue un des brigands technocrates qui a été chargé de passer secrètement le Code à l’acide des exigences du MEDEF, « il faudra des mois voire des années pour que le nouveau Code révèle tous ses secrets » et ce sera « un effort colossal pour les usagers » (C. Radé, préface des 994 pages format A4 de l’ordonnance publiée dans le silence général organisé le 12 mars 2007).

Ils ont re-numéroté toutes les lois en quatre chiffres au lieu de trois, là où il y avait 273 subdivisions, il y en 1890, là où il y avait 1190 lois, il y en a 3850, ils ont déclassé 500 lois en décrets, toute la jurisprudence est à reconstruire, ils ont préparé le code pour les lois libérales à venir, comme la loi dite de « modernisation du marché du travail » , comme celle à venir sur la « représentativité syndicale » . Depuis le rapport de Virville en 2004 (dont prés de la moitié des mesures ont été mises en œuvre) depuis la sinistre loi Fillon du 4 mai 2004 (qui permet de déroger par le bas à l’ordre public social), depuis les suppressions de 63 conseils de prud’hommes sur 237, depuis l’affaiblissement des institutions représentatives du personnel (élections des CE et des DP tous les quatre ans au lieu de tous les ans), depuis le rétablissement de l’apprentissage à 14 ans et du travail de nuit et du dimanche pour les apprentis de 15 ans, il ne se passe pas un mois, un jour sans que de nouvelles attaques soient mis en œuvre…

Pourtant le code du travail est un droit intime, quotidien, essentiel, pour 16 millions de salariés du privé, il incarne 130 ans d’histoire du droit et des rapports de force sociaux, il est fait de sang et de sueur, de larmes et de luttes, jamais une République, une démocratie n’aurait dû oser le remettre en cause, sans débat, sans associer ses parlementaires, et contre l’avis de ses syndicats ! C’est un système anti démocratique à la Poutine, celui d’une République bananière qui a permis une telle opération par « ordonnance secrète » dans le dos du peuple et de ses représentants ! Les ultra libéraux au pouvoir appliquent pas à pas les exigences de Laurence Parisot : « la liberté de penser s’arrête là ou commence le Code du travail » , ce sont des idéologues intégristes qui veulent nous faire changer de société telle qu’elle existe de puis 1945 afin de nous rallier de force à un système anglo saxon.

Mais il se pourrait qu’au lieu de « liquider mai 68 » ce soit un autre mai 68 qui les liquide !


© Filoche Gérard / Bakchich : Ils ont choisi un 1er mai pour la casse du code du travail !

Repris par Le Journal d'Odanel, Sud Républicain

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