politique
Une génération inquiète
© Diego MELCHIOR - source - infos
29.04.08 | 21:00
Xavier Bertrand a confirmé hier que le nombre d’année de cotisations pour les retraites passeraient, dès 2009, de 40 à 41 ans. Cette mesure était effectivement inscrite dans la loi depuis 2003 mais ne devait s’appliquer qu’à condition que le taux d’employabilité des seniors soit à un niveau conséquent. Aujourd’hui, ce n’est évidemment pas le cas : seulement 38% des 55-64 ans ont un emploi en France. Les syndicats sortent donc mécontents des négociations avec le Ministre d’autant plus qu’un certain nombre d’autres sujets ont été délaissés par Xavier Bertrand comme la revalorisation des petites retraites ou la prise en compte de la pénibilité du travail…
Dans l’absolu, le passage de 40 à 41 ans n’a rien de contestable puisque l’espérance de vie augmente et que notre pays compte de moins en moins de jeunes (la retraite par répartition est toujours dépendante de la pyramide des âges). Cela permet donc d’alimenter financièrement la caisse d’assurance vieillesse. Évidemment, certains proposent l’augmentation des cotisations patronales, mais cotisations salariales et cotisations patronales vont de paires. À termes, l’augmentation des cotisations des salariés a une répercussion nette sur les salaires qui, de fait, diminuent.
Dans tous les cas, le problème central reste celui de l’emploi des seniors. Avec le taux actuel, la réforme de Xavier Bertrand est absurde et, si le Ministre persiste, il prend le risque d’être confronté à un mouvement social unitaire sur la question. Mais le débat autour des retraites concerne également la génération des 18-25 ans qui est déjà dans la vie active ou va y rentrer. En effet, les réformes du gouvernement concernent un modèle social qui se fonde notamment sur la solidarité intergénérationnelle.
Le gouvernement qui voulait redonner confiance aux jeunes a provoqué plus de mécontentement qu’autre chose. La jeune génération est préoccupée. Les étudiants d’abord qui s’étaient mobilisés en masse en novembre pour que plus de moyens soient accordés à l’université, puis les lycéens ces dernières semaines contre la suppression de poste de professeurs dans la fonction publique. Enfin donc, la question du passage de 40 à 41 ans de cotisation : le gouvernement ne propose aucune contrepartie tangible aux futurs cotisants quant à la question de l’emploi des seniors. La réforme de Xavier Bertrand n’éclaircit pas l’horizon des salariés et des futurs salariés à qui on va demander de cotiser plus longtemps mais auxquels on n’offre pas de garanties d’avoir un emploi durant les dix dernières années de vie active. Les jeunes salariés qui dans l’immédiat connaissent déjà des difficultés (chômage et précarité) ne sont donc pas non plus rassurés pour l’avenir.
La manifestation du 1er Mai à Paris où devront se joindre salariés, étudiants et lycéens devrait servir de premier point de rencontre pour ceux qui veulent montrer au gouvernement que de plus grands efforts sont necessaires. Du côté des étudiants, la Confédération étudiante qui appelle àun 1er Mai aux couleurs de notre généraitonsera au rendez vous.
Tags : politique
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