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politique

L’ouverture au Modem : une nécessité pour le PS

© Diego MELCHIOR - accéder à la source - infos
11.05.08 | 13:43

En novembre 2006, j’écrivais déjà sur ce blog, au vue de l’évolution politique du centre,la nécessité pour le Parti Socialiste de se rapprocher, à l’époque, de l’UDF. Pas mal d’eau a coulé sous les ponts depuis et il semblerait que l’idée de faire cause commune avec le centre, représenté aujourd’hui par le Modem, semble devenir une évidence pour bon nombre de socialistes. Il est clair aujourd’hui que la social-démocratie, incarnée par le PS, ne peut plus envisager seule l’opposition à la droite.

En fait, le Parti Socialiste a raté l’échéance qui aurait pu lui permettre de s’imposer comme la seule force d’opposition à la droite. Dès 2002, mais surtout lors du congrès du Mans, en 2005, il aurait fallu déjà jouer la carte de l’ouverture au centre pour combler l’écart qui s’était définitivement creusé lors du référendum sur le TCE entre les socialistes du OUI et les socialistes du NON. La synthèse a été de ce point de vue une extraordinaire preuve de fermeture : plutôt que de chercher à être rassembleur au-delà du parti en définissant une ligne claire, les socialistes ont préféré s’arranger entre eux autour d’une vague motion commune finale qui a laissé tout le monde mécontent. À l’époque, François Hollande a fait un choix politique important : la cohésion plutôt que la clarification. Trois ans après le congrès du Mans, le PS paye le prix fort d’un choix politique qui n’était assurément pas le bon.

La conséquence la plus directe a été le départ de nombreux camarades pour l’UDF, puis le Modem. Ceux-ci, sûrement lassés par le fait que le PS n’était pas capable d’avoir une position claire sur l’Europe ou son rapport avec l’extrême gauche, ont préféré rejoindre le centre qui, lui, en revanche, venait clairement de faire le choix de rompre avec la droite et d’évacuer toutes ses composantes réactionnaires. De fait, lors de l’élection présidentielle, François Bayrou et le Modem ont su occuper l’espace que le PS a sciemment laissé libre pendant deux ans. Si le PS avait accepté l’ouverture dès 2005, c’est probablement le mouvement inverse qui se serait produit : des adhérents de centre-gauche de l’UDF aurait rejoint le PS, ce qui aurait rééquilibré le parti et permis d’être en tête au premier tour, sans être talonné par une force centriste.

Il y avait bien pourtant une ultime occasion d’être rassembleur : c’était juste avant le premier tour de l’élection présidentielle. Relayant la tribune de Michel Rocard, j’expliquais déjà sur ce blog qu’il étaitimpératif qu’un accord entre Ségolène Royal et François Bayrou ait lieu avant le premier tourde l’élection présidentielle. Bien sûr, il n’en a pas été ainsi et, pris de cours, les socialistes n’ont engagé le rapprochement qu’entre les deux tours. C’était trop tard.

L’effritement du PS ne s’est pas arrêté avec la montée en puissance du Modem. L’ouverture de Nicolas Sarkozy a encore été un coup porté à l’intégrité du parti qui a perdu des éléments qui, même si minoritaires au PS, devaient y rester. Leur départ a surtout encore plus déséquilibré le rapport de force interne au sein du PS.

La situation aujourd’hui, quelle est-elle ? Le PS prépare son congrès et le fait de s’ouvrir au Modem semble devenir une évidence pour de nombreux adhérents. Mais il reste une bonne partie du PS qui n’a pas l’intention de dialoguer avec le centre. Pourtant, le PS est mis devant le fait accompli : même si le Modem est trop petit pour être un facteur conditionnant tous les choix du PS, le Modem est trop gros pour être ignoré. Le PS ne peut pas faire le choix de jouer cavalier seul. Il devient impératif dans un premier temps que les socialistes s’ouvrent aux démocrates du Modem. Eux-mêmes devraient faire de même en retour. C’est la conditionsine qua nonpour aller plus loin. Si un rapport solide entre le PS et le Modem est mis en place, alors rien n’empêchera ceux qui veulent battre Sarkozy d’aller plu loin et de tisser un partenariat avec la force de la gauche radicale qu’est la LCR, si celle-ci assume son réformisme et rompt avec son sectarisme. Car force est de constater que pour battre une droite qui reste indéniablement très forte politiquement, il faudra capitaliser le maximum d’énergie autour d’un programme commun, dans le respect de l’identité de chacun.

Tags :

Journaux : Left_blogs, Left & Center Citizens (LCC)


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