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Le Sida en Chine
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04.10.08 | 21:57
Depuis la découverte du premier cas en 1985, le SIDA était en Chine la maladie des marginaux et des déshérités, principalement les drogués et les paysans qui avaient fait commerce de leur sang. C'était aussi celle de l'étranger : interdiction de séjour pour les séropositifs et obligation pour les chinois ayant séjournés plus d'un an hors de Chine de subir un dépistage. La Chine aimait se croire épargnée.
Ce sentiment a conduit à une forte stigmatisation des séropositifs et à une inconscience totale du danger. Une enquête conduite par le programme des Nations Unies sur le SIDA montre que si 63% des chinois urbains affirment qu'ils refuseraient d'entrer en contact avec un malade, ils sont moins de 20% à se protéger lors d'un premier rapport. Sans compter la moitié qui pense que les moustiques sont vecteurs de la maladie.
Publiés en septembre par le bureau de contrôle et de prévention des maladies, les chiffres officiels montrent les conséquences de cette mauvaise information : les transmissions lors de rapports hétérosexuels ont explosées depuis un an, passant de 10 à 37% du total et devenant la première cause de contamination.
La proportion de séropositif en Chine est elle estimée entre 0.04 et 0.07% de la population, soit près de 10 fois moins que la moyenne mondiale : 0.5% environ. Mais ces chiffres sont sujets à caution, pour la seule ville de Shanghai, le nombre de malades était estimé à 200 000 en 2006.
Quelque soit la réalité de l'épidémie, la question du SIDA est sensible en Chine et les défenseurs des malades, parmi lesquels Hu Jia, sont souvent considérés comme dissidents.
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