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Denis SzalkowskiÉditionsDernière édition

“Il faut cesser de voir en Besancenot un ennemi et de faire les yeux doux à Bayrou”

©  Denis Szalkowski -

dit Jean-Luc Mélenchon, le Figaro 26.02.08

Voilà qui est dit et bien dit.

Voilà le grand écart auquel est réduit le Parti socialiste.

Mais une fois cette affirmation faite, que proposent nos ténors ?

Au-delà de faire symboliquement son Bad Godesberg* pour le Parti socialiste, comme l’a évoqué au cours de laConvention nationale du 15 juin dernier François Hollande, le PS doit, dans la perspective du congrès, tenter de récupérer ses ouailles égarées, pour une part au Modem, et pour l’autre auprès de lagauche radicale (LCR). 4926e418-445c-11dd-a5ff-a10ef120b90b Tel est le dilemme posé car mieux vaut regarder les choses en face.

Olivier Besancenot, qui ne se sent plus de joie, a être ainsi adulé par les médias, se sent suffisamment “gonflé à bloc” pour espérer une part de l’électorat de la gauche dite « anticapitaliste ».

Sur cet hypothétique rassemblement, Jean-Luc Mélenchon “fait sa pelote”,espérant ainsi peser plus que son poids véritable, à l’occasion du congrès de Reims… c’est de bonne guerre. Pour se faire, il n’hésite pasàconforter ses positions en rappelant la démarcation issue des conséquences du NON au référendum européen (démarcation que visiblement il souhaite entretenir), ne cessant de se réjouir du NON irlandais…Et après ?

Je n’ai rien contre tout cela, mais je trouverais dommage qu’à nouveau l’on vole le débat aux militants socialistes, en évoquantet en détournant au profit d’un intérêt plus personnel, la rupture qui a existé et qui sert de prétexte à certains pour représenter bien plus qu’ils ne représentent en réalité, en cultivant le mécontentement.Y at-il matière à se réjouir,que l’on ait été pour le Oui ou sgebcv83161206180016photo01photodefault-512x3841 le NON, de voir l’Europe en panne ? Est-ce le bon angle d’attaque pour remédier à la situation dans laquelle le Parti socialiste risque de se noyer ?

Faire sa pelote sur les mécontentements…

Lorsque l’on interroge madame Buffet sur l’idée géniale et audacieuse d’Olivier Besancenot, elle est plus que fuyante, et reste très évasive. Besancenot, la nouvelle coqueluche des sondages a pour projet deconstruire le nouveau parti anticapitaliste. Cette popularité-people qui sied si bien à l’éthique de ce mouvement, n’est d’ailleurs pas sans rappeler une autre personnalité fortement médiatisée à la veille de la désignation du candidat aux présidentielles du PS… A son tour, le petit Besancenot goutte à cela, et surfe sur les vagues d’une popularité nouvelle, ou la moindre réunion devient un véritable évènement, digne d’occuper le 20 heures de TF1. Le piège est ainsi tendu.

Alors que le PCF garde la tête froide : le ticket Buffet/ Besancenot ne semble pas être pas pour demain, le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon nuit à son propre destin, celui du Parti socialiste, en revendiquant son appartenance à “la gauche décomplexée”, celle qui “ne demande pas pardon d’avoir voté ‘non’ au référendum sur la Constitution européenne.

Personnellement, je pense que la gauche décomplexée ne se “saucissonne” pas. La gauche décomplexée doit assumer toutes ses sensibilités, au risque de regarder le président Sarkozy divorcer et seremarier une deuxième fois sur les marches de l’Elysée.

De la politique politicienne pure…

Juste retour de bâton diront certains. François Mitterrand n’avait-il pas tout fait pour favoriser bruni1 la montée du FN ? A ceci près toutefois : en 2008,le président en place est en trainde tout verrouiller, pour toutcontrôler.

À l’inverse des télévisions et radios libres voulues et mises en place par François Mitterrand, nous assistons là au retour de l’ORTF, en pire (car les médias sont divers et multiples aujourd’hui). Sarkozy devient tout puissant et malgré toutes les mesures impopulaires qui vont avoir des effets dévastateurs, il séduira un bon moment encore, parce qu’il communique à souhait, parce qu’il en a les moyens, parce qu’on est jamais mieux servi que par soit même…

C’est dans tout ce tralala que la première Dame de France va chanter pour mieux bercer et mystifier la France ; car enfin, quel autre pays au monde peut se targuer de cela ?

*Le Congrès de Bad Godesberg (1959) est aussi important dans l’Histoire de la social-démocratie européenne que le congrès de Tours pour la gauche française. C’est à ce congrès que les sociaux-démocrates allemands ont décidé d’abandonner toute référence au marxisme, devenant ainsi, pleinement un parti social-démocrate, réformiste et qui accepte l’économie de marché.


© Denis Szalkowski : “Il faut cesser de voir en Besancenot un ennemi et de faire les yeux doux à Bayrou”

Repris par Sud Républicain

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