culture
Mariages tunisiens : l’été à la salle des fêtes, l’hiver au Palais de justice !
© COS-MAUX-POLIS - accéder à la source - infos
29.07.08 | 03:50
Alors que la saison des mariages bat son plein, une voix cynique pourrait demander combien de ces nouveaux couples survivront plus d’un an… combien finiront au Palais de Justice après que l’épouse soit retournée au bercail parental y trouver refuge, une fois la noce finie et les illusions des premiers mois (ou premières semaines) passés (ées).
Mais que se passe t’il donc dans le contexte tunisien qui puisse expliquer que ce pays affiche l’un des taux de divorce les plus élevés au monde ? (le 4ème plus exactement).
Serait-ce parce que beaucoup de mariages sont davantage le résultat d’obligations sociales que le fruit mature d’une rencontre amoureuse et d’un couple qui a appris à connaître les innombrables qualités mais aussi les insondables défauts du partenaire ? Par « obligations sociales », il faudrait bien entendu comprendre les pressions familiales qui s’abattent sur les célibataires garçons et filles, qui passés un certain âge, sont l’objet de toutes les inquiétudes des mères qui craignent de subir le terrible regard réprobateur du voisinage et la systématique inquisition qui l’accompagne.
Serait-ce parce que l’évolution sociale des mœurs tunisiennes demeure incomplète? Que devant des traditions qui perdurent et devant l’immobilisme des mentalités dans de nombreux milieux (populaires ou non), les progrès de l’individualisme et du féminisme sont encore trop timorés ?
Une fois encore sévit sans doute ici le terrible syndrome dont souffre de nombreuses sociétés arabo-musulmanes : le fameux « cul-entre-deux-chaises », un modèle occidental honni et envié, un modèle traditionnel oppressant mais respecté. Pour preuve, l’hypocrisie sociale qui consiste à jeter l’opprobre sur un concubinage illicite qui pourtant permettrait aux couples d’éviter le saut vertigineux vers l’inconnu d’un ménage à deux jamais expérimenté.
En Tunisie, plus encore qu’ailleurs, l’organisation d’un mariage dans une famille semble faire perdre la raison à tout le monde: dépenses somptuaires, épate et tape-à-l’œil pour deux ou trois jours « de fête » sont monnaies courantes, quitte à ce que cela signifie l’endettement inconsidéré des parents. Une fois encore, le poids du « qu’en dira t’on » dépasse de loin la question de l’union de deux individus qui se sont choisis pour construire leur vie ensemble.
A cela s’ajoute la difficulté du quasi impossible dialogue hommes-femmes particulièrement aigu chez les Arabes (ici).
Tags : culture
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