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Antoine Sfeïr : le meilleur agent de communication de Ben Ali
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21.06.08 | 03:19
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Dans une interview accordée à la « Pravda tunisienne » La Presse (ici), Antoine Sfeïr ne tarit pas d’éloge sur la Tunisie et surtout la clairvoyance de son président. Rien de véritablement surprenant de la part de l’auteur du « chier d’œuvre »: Tunisie, terre de paradoxes (ici) paru en 2006.Voici quelques extraits de l’interview qui démontrent combien le politologue franco-libanais est habile dans le maniement de la brosse à reluire :
Comment jugez-vous le rôle de la Tunisie dans l’évolution des relations au sein du bassin méditerranéen ?
D’abord, politiquement, la Tunisie est devenue, contre vents et marées, une sorte de pont qui relie des gens qui ne se parlent pas. On l’a déjà vu lors du processus du 5 + 5. On le voit, aujourd’hui d’une manière très nette entre les pays du Maghreb et du Machreq de la rive sud d’un côté et ceux de la rive nord de l’autre. Économiquement, ensuite, et étant donné la présence de plus en plus accrue d’entreprises européennes, notamment françaises — 2300 sur les 3000 existantes —, la Tunisie peut devenir une base de ré-exportation à partir du pays vers le reste de la région méditerranéenne.
Oui c’est sûr, la Tunisie, contrairement à d’autres, ne peut pas se targuer d’avoir un président bling bling. Lui et les siens préfèrent s’enfermer dans son palais de Carthage (ici et là). La discrétion est son maître mot. D’ailleurs les médias tunisiens démentent rarement ce fait. Lisez donc La Presse et vous verrez …
Croyez-vous qu’il s’agit-là d’une reconnaissance du modèle tunisien ?
Oui, je le crois. J’en suis même persuadé. Avant 2001, la Tunisie était une cible trop facile pour certains. Après 2001, elle a commencé à intriguer et à susciter l’intérêt des gens qui venaient constater de visu ce qui se passe dans le pays. Aujourd’hui, avec cette posture affirmée et ses convictions déclarées, non seulement au sein du bassin méditerranéen, mais aussi sur la scène internationale — n’oublions pas que le Fonds mondial de solidarité est une initiative bien tunisienne adoptée à l’unanimité par l’ONU — il y a une reconnaissance, à la fois, des opinions publiques et des gouvernements qui voient en la Tunisie un modèle à tous les niveaux, à savoir du Chef de l’Etat, du gouvernement et du peuple tunisien dans son ensemble.
Je tiens à souligner que le modèle tunisien n’est pas uniquement celui de passerelle, mais aussi un modèle de non-fracture sociale au sein de la société tunisienne. Cette fracture qui ébranle, aujourd’hui, les sociétés européennes dans les pays les plus avancés et les plus riches. Or, sans richesse, la Tunisie a réussi à réduire ladite fracture grâce à des programmes adéquats et à des initiatives répétées du Chef de l’Etat.
Certainement le meilleur passage de cet entretien! Les événements de Redeyef ne sont certainement le fait que de quelques éléments perturbateurs (ici et là) et n’illustrent nullement le malaise social ambiant. Les disparités de richesse croissantes et l’inflation des prix des biens de consommation courants épargnent la Tunisie, petit paradis sur terre où le Raïs veille et pourvoit aux besoins de tous grâce au racket organisé du 26-26.
Comment est perçue, justement, selon vous, cette réussite du modèle tunisien en Europe ?
Les visiteurs de la Tunisie, notamment les personnes âgées, viennent d’Europe admirer le climat de quiétude, de paix, de stabilité et de sécurité, et par voie de conséquence, y passer des jours paisibles. Les intellectuels y voient, pour leur part, un exemple de réussite dans la mesure où la classe moyenne est érigée et générée par le système qui a favorisé la généralisation de l’enseignement et de l’éducation et l’accès au savoir pour tous.
Or, tout le monde sait que l’émergence d’une éventuelle opposition a lieu au sein de cette classe moyenne et parmi les intellectuels. Mais, un cas rare en son genre, la Tunisie a tout fait pour élargir la base de cette classe.
Reste que les irréductibles dogmatiques ne veulent pas reconnaître qu’ils ont eu et ont tort.
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