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La boîte à sardine
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14.05.08 | 15:04
La Boîte à Sardine 7, Bd. de la Libération, Marseille 13001 – à deux pas de la librairie l’Ecailler, (Tél 0491475056) à la rencontre de 3 auteurs over et de leurs derniers livres présentés par Jacques Aubergy, libraire et directeur de la collection L'Atinoir chez l'Ecailler du Sud: Le vendredi 16 mai à 19 heures.
Lettre de l'Ecailler:
Marseille, ville mystérieuse par essence, regorge de personnages mystérieux: sorciers, mages, assassins, prophètes, aventuriers, cambrioleurs, flics hors normes... mais aussi des rois. Beaucoup sont passés par Marseille ou y ont résidé et parmi les plus baroques: Orélie-Antoine Ier, roi d'Araucanie et de Patagonie; Marie Ier, roi des Sedang; Jacques Ier, empereur du Sahara... Mais Olivier de Sanderval, Marseillais de souche, fut pour de bon roi de Kahel dans l'Afrique de l'Ouest vers 1880. Il a même à Marseille son boulevard. Alors inventons sur son modèle le roi Frédéric Audibert, natif de Saint-Giniez et devenu à la même époque roi de la cité-état d'Aya-Kong, dans le golfe de Guinée. Et imaginons-lui un petit-fils, un vieil homme brisé et un peu ridicule finissant de revendiquer en vain son titre dans le Marseille défoncé d'Euroméditerranée. Essayons de voir au travers de ce personnage déconnant, entêté et overlittéraire, l'histoire tout aussi déconnante d'une ville particulière durant le siècle dernier. Préface de Philippe Carrese.
Sociologue de son état, membre d’une fratrie artistique très remarquée (une sœur actrice et un frère auteur de théâtre), Gilles Ascaride est tombé tout petit dans la passion des mots. La soixantaine tranquille, il met sa science de sociologue au service de cette littérature qu’il prise tant.
On le sait depuis Baudelaire, un phare c’est un grand écrivain. Un de ces incontournables dont le patronyme étiquette les avenues les plus glorieuses et les squares les plus feuillus. Un de ceux qu’on édite en Pléiade, qu’on ânonne dans les dictées d’écoles primaires et qu’il faut faire semblant d’avoir lu dès qu’on est député de la majorité. Les phares, pour qu’ils continuent à éclairer – après tout ils sont là pour ça – il faut les entretenir, les bichonner, leur polir la lanterne et leur graisser le mécanisme à grands coups de commentaires, de gloses, de dissertations, supputations ou annotations. C’est à cette condition qu’ils éclairent les navigations approximatives de nos « chères têtes blondes ». Le gardien de phare, c’est donc un prof. Il les entretient, les phares, il les garde et quand il lui reste un peu de temps, il pense. Avec nostalgie parfois, avec colère souvent, avec tendresse à tous les coups. Puis il colle tous ces bouts de pensée ensemble et il les flanque dans une bouteille à la mer. En profite qui voudra. Préface de Gilles Ascaride.
André Not est professeur de lettres à la faculté d’Aix-en-Provence. Toute sa vie il a enseigné les classiques à des élèves de collège, de lycée et de fac. Aujourd’hui il se penche avec une légèreté qui n’est pas exempte de maturité, sur la responsabilité ou l’absence de responsabilités liées à son métier. En quelque sorte, iI joue ici à être son propre psy. Ni auto-critique, ni auto-flagorneur, son texte qui cherche à comprendre et expliquer, avec humour et une sorte de tendre nostalgie, à quoi ça sert tout ça…Par ailleurs, André Not est aussi, avec Gilles Ascaride, Henri-Frédéric Blanc et Serge Scotto, un des fondateurs du mouvement « overlittérature ».
Un homme ordinaire s’installe à la terrasse d’un bar. Jusque-là… Sauf que son café n’arrive pas, le garçon passe devant lui comme si de rien n’était, on ne le sert pas. Le voilà soudain naufragé de bar, en proie à son angoisse, à sa culpabilité. Quelle erreur a-t-il commise pour être ainsi mis au ban, jeté hors la vie comme un mégot de cigarette ?
Un chasseur désarmé attend des secours dans la savane devant sa Land-Rover accidentée. Mais il se trouve sur le territoire d’un lion mangeur d’hommes. Le seul moyen de tenir le fauve en respect, c’est de lui parler, et de lui parler encore… Vache de psychanalyse !
Un malade sans histoires transformé en martyr par une infirmière dévote convaincue des vertus rédemptrices de la souffrance ; le soliloque délirant d’un suspect professionnel ; un directeur d’hôpital psychiatrique qui, après avoir fait le bilan de sa vie, passe du côté des fous ; un trompettiste au bout du rouleau qui cherche sur son instrument récalcitrant la musique du silence ; le bruit de fond du cosmos…
Victimes révoltées, chasseurs transformés en gibier, personnages assis sur la bombe de leur inconscient, on reconnaît au fil de ses récits et monologues l’univers limite, dérangé et dérangeant de Henri-Frédéric Blanc, où le cauchemar flirte avec la farce, où le seul démon qui n’apparaît jamais est celui du sérieux. Un « over » pur jus qui ne laisse pas intact. Préface de Claude Gudin
Henri-Frédéric Blanc est un des fondateurs de l’overlittérature, pour laquelle il a écrit notamment « L’art d’aimer à Marseille » et « Discours sur l’université de l’esprit marseillais ». Il milite pour une écriture libre, qui n’obéisse pas forcément aux canons du roman, qu’il soit « noir » ou « blanc ». Ce qui l’a amené à écrire aussi quelques romans particuliers, une SF aujourd’hui atypique mais qui renoue avec l’esprit sixties (« L’évadé du temps ») et une adaptation cocasse du Cid (« Sidi »). A la différence des deux précédents, ce nouvel opus overlittéraire de Blanc n’a rien de marseillais.
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