culture
Médeceine et chirurgie Amazigh
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07.07.08 | 08:12
Le texte qui suit est tiré du livre “la ville de sel” de Carl et Petit, publié par
Julliard en 1954. Il s'agit d'une trépanation qui se passe au Borkou,
au nord du Tchad. Tous les détails techniques y sont authentiques
affirment les auteurs. Au Sahara plus qu'ailleurs peut-être “le vrai peut
quelquefois n'être pas vraisemblable.
Un secret transmis de génération en génération ayant ses
origines en pleine préhistoire
“Le vieil Ounia, nommé Eguédé, qui souffrait de violents maux de
tête depuis quelques mois, alla trouver Bahad. Il avait reçu dans sa
jeunesse un coup de sabre qui lui avait entamé la boîte crânienne.
Après avoir longuement examiné et palpé la tête du malade, Bahad déclara :
-L'os n'est pas bon, il faut l'arracher … C'était la trépanation.
Le vieux hésita, puis accepta enfin de se soumettre à la redoutable
opération.
Pour le célèbre guérisseur, cette intervention devait être la dernière d'une
longue carrière. Il fit demande à Guiane, de venir l'assister.A l'aube du
jour convenu, Guiane arriva à la case d'Eguedé.Deux forgerons étaient
déjà là et ils commençaient d'installer leurs soufflets en peau de chèvre
près d'un petit brasier.Eguédé était couché sur une natte, à l'intérieur
de la case. Le faki Brahammi se tenait accroupi près de lui et murmurait
des prières.
Bahad arriva à son tour. Il alla s'installer près du patient et lui parla
quelque temps à voix basse. Eguédé lui demanda comme une faveur
de ne pas être maintenu durant l'opération.Alors Bahad commença son
office.Sur son ordre, Eguédé s'était allongé sur le ventre, la tête
appuyée sur le coude droit.
Bahad sortit de son sac quelques nervures de palmier-doum,
une douzaine d'épines de thala et quatre burins qu'il aligna près
de lui sur la natte.Dehors les gens se turent soudainement.
Guiane écrasait dans un mortier un mélange de garat (plante qui
combat l'infection et cicatrise les plaies) et d'écorce d'édri
(qui arrête les hémorragies).
Bahad saisit un burin dans sa longue main desséchée et, après avoir
palpé pendant quelques secondes le crâne du patient, il prononça le
Bismillah ettrancha hardiment le cuir chevelu, en croix, sur l'emplacement
à opérer. Le sang jaillit aussitôt, en flot épais. Sans s'en inquiéter, le
guérisseur posa la pointe de son instrument au centre de la croix et
se mit à décoller les quatre volets de peau, comme on écorce un
fruit. L'hémorragie se fit plus abondante. Alors, Bahad fit un signe
à Guiane ; celui-ci lui présenta le mélange de graines et d'écorces
qu'il venait de broyer. Le vieux l'étendit aussitôt sur la plaie à vif
et rapidement l'hémorragie diminua d'intensité.
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