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Vive le blog

©  Caccomo -

Tandis qu’un article de Marianne vient s’en prendre à Facebook, j’entendais hier sur une grande radio un journaliste fustiger la mode des blogs [voir lien]. Vous rendez-vous compte, tout le monde peut exprimer ses pensées. La vulgarité en somme ! Très étrange, cette attitude des grands médias à se positionner dans une posture de gauche bon chic bon genre qui se donne le droit de parler pour le peuple et au nom du peuple et de ses prétendus idéaux, mais qui s’offusque dès que le peuple cherche à s’exprimer par lui-même.

Cela rappelle aussi le courroux de l’Eglise à l’encontre de l’invention de Gutenberg. Il y a fort à parier que ce ressentiment à l’encontre d’internet et des nouveaux services qu’il propose vient probablement du fait que toutes ces nouveautés nous échappent et viennent d’outre-Atlantique. En quelques années, qui furent pour nous des années de marasme, les USA ont donné naissance à Microsoft, Google, Yahoo, les blogs, Dailymotion, Facebook ou encore Myspace.com. Et ce n'est que le début. Toujours au départ, des idées extravagantes donnant naissance à des petites entreprises qui sont devenues, avec le succès, des empires planétaires. Peu de pays sont capables de s'inscrire dans une telle dynamique.
Pendant ce temps, notre pays ressasse des querelles ancestrales et s’enfonce dans le passé, symptôme prévisible des nations qui ne comprennent plus le progrès, se complaisant à quitter la scène de l’histoire. On ne peut pas innover, prendre des risques, créer des richesses sans un minimum de confiance dans l’homme et l’avenir . A écouter les débats qui agitent l’hexagone dans un immobilisme effrayant, il semble que nous ayons définitivement perdu cette confiance.
Bien-sûr, comme toutes les innovations, internet est à l’image de l’homme, on y trouve le pire comme le meilleur. On peut l’utiliser pour s’instruire ou pour s’abrutir. On peut faire avec ce nouvel outil les meilleures comme les pires choses. Mais cela est vrai depuis la nuit des temps : on peut maîtriser le feu pour cuire les aliments ou pour brûler la maison de son voisin. Ne feignons pas de découvrir les évidences.

On peut bien trouver ridicule cette mode qui consiste à avoir son propre blog. Oui, c’est très puéril, égocentrique, tout ce que l’on veut… Mais avaler sagement les vérités officielles dont nous assomment les mêmes éditorialistes pendant des décennies, est-ce une meilleure chose ? Faire confiance les yeux fermés à une presse par laquelle les journalistes préfèrent étaler leur propre opinion personnelle que donner une information fiable, est-ce si instructif ? Après tout, les mêmes intellectuels autoproclamés se plaignent que les gens ne lisent plus, n’achètent plus les journaux et se complaisent dans la médiocrité. Quel jugement péremptoire !
Le foisonnement de blogs, de forums, d’espaces de débats et de controverses, de sites de communautés thématiques montre combien les gens peuvent être motivés et passionnés sur tous les sujets. D’ailleurs, s’il n’y avait pas internet, il est fort probable que les français n’auraient plus guère d’accès à la philosophie libérale alors que les médias officiels et l’éducation nationale colportent une caricature du libéralisme qui tient plus de la propagande et de l’endoctrinement que de l’enseignement et de la culture.
Personnellement, les blogs, les listes de diffusion, les sites web m’ont permis d’entrer en contact avec des lecteurs, de créer une communauté avec ceux qui se retrouvent dans mes écrits, de diminuer une solitude intellectuelle, de m’ouvrir des perspectives de collaboration passionnante alors que les grands médias fermaient leurs portes et que les grands éditeurs ignoraient tout simplement mes écrits. Parallèlement, l’université tend à devenir un lieu où l’académisme et la pensée conformiste exercent une telle pression sur les carrières que les vrais débats y sont exclus. On y fait plus de la recherche, on clone la pensée. La recherche, l’imagination, la création, c’est bien ailleurs que cela se passe : là où la liberté reste préservée.
Enfin, quand j’entends Olivier Besancenot, la coqueluche des médias, se plaindre qu’on ne lui donne jamais la parole (mais quel fut son score aux dernières présidentielles ?), je remercie encore ces génies d’outre-Atlantique pour avoir inventé ces outils qui sont désormais à notre disposition. Je peux me défouler en m’exprimant et cela calme ma colère intérieure. C’est puéril…mais cela fait du bien.

© Caccomo : Vive le blog

Repris par Libertariens, Didier

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