eco
La vérité sur l'inflation
© Caccomo - source - infos
09.05.08 | 08:48
j'aime l'article |
j'aime pas l'article |
cacher l'auteur |
imprimer |
taille du texte + - |
L’inflation est un impôt déguisé tandis que la dette est un impôt reporté. Les acteurs de l’économie travaillent pour obtenir un revenu disponible lequel permet d’acquérir les biens et services (marchands et publics) qui sont précisément le fruit de ce travail. Alors à quel moment tout cela se dérègle-t-il ?Si le travail ne produit pas de biens et services demandés par les ménages, le revenu distribué est l’équivalent d’une « monnaie de singe » : il ne permettra pas d’acquérir les biens et services qui n’ont pas été produits. Le travail ne consiste donc pas à occuper les gens mais à créer de la richesse.
Si l’impôt payé par les ménages ne sert pas à produire ou entretenir les biens et services publics sans lesquels les acteurs de l’économie ne pourraient remplir leurs propres objectifs, encore une fois, l’amputation du revenu disponible par l'impôt ne correspond à aucune contrepartie. Il en résulte que le revenu disponible des ménages est rongé, soit par la dépréciation de la valeur de la monnaie dans le premier cas, soit par des finances publiques déséquilibrées (c’est-à-dire un détournement de l’impôt) dans le second cas.
La perte de pouvoir d’achat ne peut avoir d’autres origines. Il existe bel et bien une flambée du prix des matières premières et de l’énergie, due notamment à la montée en puissance de l’Asie après des années de croissance à deux chiffres. Cependant, cette montée des prix est compensée par la baisse des prix réels sur les autres postes de consommation des ménages français, postes qui occupent une place grandissante avec la montée du niveau de vie (biens d’équipements, produits manufacturés, services, loisirs). Les prix s’ajustent en fonction de l’offre et de la demande sur les marches respectifs, mais il n’y a aucune raison pour que les positions d’offre et de demande évoluent dans la même direction sur les différents marchés.
La perte de pouvoir d’achat provient donc d’une perte dans le revenu lui-même, ou d’une dégradation de la valeur de la monnaie dont la fonction est de stocker ce revenu en vue de son usage pour les transactions quotidiennes. Or qui a le pouvoir de contrôler la monnaie ? Qui a le pouvoir légal d’amputer le revenu disponible par le jeu de la loi de finance ?
Le revenu disponible des ménages français est fondamentalement amputé par le jeu des dérèglements dont l’Etat reste in fine à l’origine. En se mêlant de redistribuer le revenu au-delà d’un certain seuil fatidique, c’est la machine productive elle-même qu’il met en panne. Dans ce processus, l’Etat français a laissé filer à la fois la dette (un impôt différé), la dépense publique (un impôt existant) et la pression fiscale sans avoir en contrepartie une offre accrue de biens et services publics utiles et efficaces alors qu’il compromet sur le territoire la production des biens et services marchands qui composent le panier de la ménagère. L’Euro a beau être fort par rapport au dollar, ce n’est que l’expression d’un taux de change qui ne donne aucune indication sur la valeur réelle d’une monnaie à l’intérieur du territoire où elle a cours forcé. Le fait est qu’avec la même quantité d’euros, un ménage français peut acquérir de moins en moins de biens et services tandis qu’avec la même quantité de travail, il reçoit moins d’euros une fois tous les prélèvements acquittés.
Et ce processus concerne à la fois la sphère des biens et services publics comme privés. Car malgré l’accroissement incontestable de la pression fiscale directe et indirecte, les ménages français voient leur accès aux biens et services publics se réduire faute de moderniser et d’adapter le secteur public, en quantité comme en qualité. Pourtant, Chantal Brunel évoque l’idée d’augmenter la TVA d’un point, passant de 19,6 à 20,6. Sur sa lancée, elle fait un rapide calcul mental pour dire qu’une telle mesure rapporterait les milliards à l’Etat nécessaires pour financer ses réformes. Là est bien l’erreur et l’illusion scientiste de la plupart de ceux qui nous dirigent et dont le pouvoir aveugle. Cela me rappelle l’argument de la gauche à l’époque des nationalisations de François Mitterrand : il fallait nationaliser l’intégralité du système bancaire français afin de donner des moyens à la politique industrielle volontariste dont le gouvernement de l’époque (conseillé par Jacques Attali, expert en économie) n’était pas peu fier. Résultat : sorties du secteur marchand, nos banques furent fragilisées et les moyens financiers se sont évanouis.
Alors qu’il faut aux économistes des milliers d’équations et une batterie d’hypothèses concernant les paramètres de ces équations (notamment les fameuses élasticités) pour évaluer l’effet de la fiscalité ou des dépenses publiques sur le niveau global de l’activité, les responsables politiques raisonnent comme si l’univers économique était statique, sortant de leur chapeau des chiffres aux allures de vérités incontestables.
Certes, un impôt nouveau permet de lever des milliards d’euros. Mais ces milliards ne tombent pas du ciel ; ils sont ôtés aux acteurs de l'économie ? Et est-on certain que les milliards que l’Etat pense encaisser seront retournés à l’économie sous forme de services publics efficients ? Et quand l’Etat évoque un « manque à gagner » lors d’une éventuelle baisse d’impôts, ne peut-on pas imaginer un instant que l’Etat n’est pas le seul agent dans l’économie ? Ainsi, ce « manque à gagner » ne disparait pas dans un trou noir sous prétexte qu’il n’est pas aux mains des hauts fonctionnaires. Chaque euro rendu aux acteurs de l’économie est susceptible de permettre l’activité dans le secteur marchand, qu’il soit épargné, investi ou consommé, et donc la création des richesses.
C’est d’ailleurs les milliards prélevés par l’Etat sur le PIB qui semble s’engouffrer dans un trou noir lorsque l’on entend les lycéens et professeurs crier au manque de moyens alors que le ministère de l’éducation nationale dispose du poste budgétaire le plus important du budget de l’Etat. La sagesse veut que l’on confie le moins d’argent possible à ceux qui l’utilisent le plus mal. Et à chaque fois que l’on s’écarte de ce principe de sage gouvernance, l’inflation n’est pas loin.
Tags : eco
Journaux : Libertariens, léon
bioCrise financière : la fin du capitalisme ? (2)© Caccomo - 06.10.08 | 10:37 | ||
![]() politiqueTourisme et Innovation© Caccomo - 25.09.08 | 15:42 | ||
![]() ecoCrise financière : la fin du capitalisme ?© Caccomo - 22.09.08 | 08:38 | ||
![]() politiqueL'entreprise diabolisée© Caccomo - 15.09.08 | 10:56 | ||
![]() politiqueUn nouveau souffle ?© Caccomo - 09.09.08 | 16:50 | ||
politiqueThe show must go on© Caccomo - 08.07.08 | 11:24 | ||
bioEconomie et écologie : un même combat© Caccomo - 27.06.08 | 08:49 | ||
bioQuand Ducasse se casse© Caccomo - 24.06.08 | 09:21 | ||
politiqueUn mouvement libéral doit trouver toute sa place© Caccomo - 19.06.08 | 08:47 | ||
sportLe syndrome de l'équipe de France© Caccomo - 11.06.08 | 06:32 | ||






taille du texte 



