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Retraites : quand Jospin rêvait d'une croissance à 3,5% pour régler le problème !
© Benjamin Konig / Bakchich - 30.04.08 | 23:06
D’entrée, le bon René Teulade, en pythie confiante, prévenait : « Il n’y aura pas de grand soir des retraites » . Déjà, un liquidateur de l’héritage de Mai 68, huit ans avant Sarko ! La comparaison s’arrête là. Le bonhomme n’était pas vraiment un adepte de l’allongement de la durée de cotisation : « Cette hypothèse ne constitue pas, aujourd’hui, une réponse pertinente à la question de l’avenir des systèmes de retraite » . La CGT avait applaudi à quatre mains, le Medef dénonçait un avis « irréaliste, négatif, dangereux et trompeur » . Pas moins.
Il faut dire que, missionné par un Jospin décidé à ériger l’épineux dossier des retraites en sujet de société, le soldat Teulade avançait toute une série de propositions alternatives fondées sur des prévisions carrément optimistes. Qu’on en juge : « Une croissance annuelle de 3,5% jusqu’en 2040 ( !), associée à une baisse du chômage à 3%, permettrait à la part du PIB consacré aux retraites de ne pas augmenter » . C’est mal parti… même en allant « chercher la croissance avec les dents » , comme le rugit le fougueux mari de Carla.
Femmes, faites 4,2 enfants et le tour est joué
Et Teulade de persister, appelant de ses vœux une hausse du nombre d’actifs comme solution-miracle sans y croire vraiment. Difficile à suivre, le René. Car il bémolisait aussitôt : « Un taux de fécondité de 2,1 enfants par femme (le seuil de renouvellement des générations, ndlr), et un solde migratoire de 150 000 personnes auraient des effets limités sur le nombre d’actifs occupés » . Bakchich a donc effectué pour vous quelques calculs : femmes de France en âge de procréer, faites très exactement 4,2 enfants d’ici 2040, ou bien demandez à Brice Hortefeux d’arrêter les expulsions et de faire venir 600 000 immigrés par an jusqu’à la date susdite… et le problème sera réglé !
Bon samaritain dans l’âme, René Teulade proposait aussi, en vrac, de racheter les années d’études, les stages, les années d’éducation des enfants et de prise en charge des parents, de prendre en compte la pénibilité du travail, d’aligner le régime général sur les régimes spéciaux. Et, clou du rapport, de trouver des financements complémentaires en dehors des seules cotisations. On comprend mieux les cris d’orfraie du Medef d’alors. Certaines de ces propositions – le rachat des études - ont été reprises par un dénommé François Fillon en 2003. D’autres ont simplement été inversées – les régimes spéciaux. Et Xavier Bertrand serait bien avisé de s’inspirer de quelques-unes d’entre elles, qui remettraient en cause nombre de dogmes établis : par exemple, ne pas financer les retraites par les seules cotisations, mais, comme cela a été suggéré, grâce à un prélèvement sur les transactions boursières. Chiche ?

