ant.
La directive de la honte.
© Ant. - 06.05.08 | 13:32
Une fois n'est pas coutume, je reprends le texte d'un autre bloggueur, en l'occurence Maxime Pisano . Je le reprends tel quel car je souscris entièrement à son propos.
Tout est dit dans ce texte , à signer absolument. S’il est vrai que la loi doit s’appliquer, pour reprendre l’argumentation des commentateurs de droite (du MoDem au MPF, belle union n’est-ce pas), la loi reste et doit rester un acte contestable et contesté quand elle va à l’encontre même des plus élémentaires droits humains . Or, la directive qui sera présentée ce mois-ci au Parlement européen ne fait vraiment pas honneur à nos pays. Elle inscrit dans le marbre et systématise une politique d’enfermement comme unique moyen de gestion des migrations .
Au mois de mai 2008, un projet de directive sur la rétention et l’expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.
Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d’immigration et d’asile s’est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L’Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les sans-papiers.
Le projet de directive, s’il était adopté, constituerait une nouvelle régression.
En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d’une politique d’enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes.
En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées , ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l’objet d’une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l’encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.
Les parlementaires européens ont aujourd’hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l’Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la systématisation des camps et de l’éloignement forcé.
Nous appelons les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet.


