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La révolte des Hommes-taupes-sans-papiers

©  Alano -


Zlavoj Zizek nous dit que nous vivons l’époque des “sans” : Sans-papiers, sans emploi,sans droits, sans domicile… Toutes catégories plus ou moins sans visibilité, c’est-à-dire sans regard réel porté sur elles, sans yeux portés vers leur nuit ; cette face cachée de notre société lumineuse tissée de strass et de pixels. Depuis quelques mois, en France et plus exactement en région parisienne, des sans se regroupent et agissent contre les conditions socio-économiques qu’on leur fait subir depuis toujours et que certaines organisations n’hésitent pas à qualifier d’esclavage moderne . Il n’y a pas que les Émirats arabes…
Grâce à l’aide de syndicats qui croient encore à l’action politique, et notamment la C.G.T, les sans-papiers des milieux professionnels les plus précarisés qui sont aussi les plus durs tels la restauration, le bâtiment, le nettoyage, l’aide à la personne voire depuis peu l’industrie de la mode, se mettent en grève et demandent leur régularisation non sans arguer du Droit, comme dans le cas des cuisiniers du Restaurant de La Grande Armée — ça ne s’invente pas —, dont sept d’entre eux ont obtenu gain de cause le 19 février dernier.

Sans revenir ici sur le bien-fondé évident de leur démarche, sur leurs droits consubstantiels à l’exercice de leurs professions et à leur vie active sur le territoire français, la révolte des sans-papiers — au-delà de mettre en question les fameuses valeurs humanistes et universelles dont les Français, et en particulier leurs représentants politiques se gargarisent en permanence — est un acte courageux dont on attend toujours de le voir publiquement soutenu par les Belles âmes de droite et de gauche qui, pour lors, se gardent bien de prendre part à leurs côtés. Le gouvernement lui-même semble vouloir nier le problème en renvoyant les sans-papiers à une gestion “au cas par cas” selon le bon-vouloir des Préfets de région qui, par ailleurs, est avant tout un mauvais-pouvoir, celui-là même qui considère l’expulsion des mêmes sans-papiers comme une priorité nationale et européenne, comme l’exigent la feuille de route fixée par le Président Sarkozy, et la politique chiffrée du sinistre Hortefeux.
Car il ne faut pas oublier que s’ils escomptent bien obtenir une régularisation accélérée, en portant leurs problèmes sur le devant de la scène, les sans-papiers de la région parisienne ne risquent pas moins, un de ces petits matins, d’être explulsés manu militari comme, chaque jour, des dizaines d’autres sans-papiers à travers tout le pays.


© Alano : La révolte des Hommes-taupes-sans-papiers

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