environnement
Palmiers en péril
© LE CHAT / Agoravox - 07.08.08 | 06:25
A l’heure où certains nous vantent comme autant de réflexes pavloviens les bienfaits de la mondialisation, on oublie bien souvent de faire la publicité pour les nombreux ravages qu’elle engendre. Une des plus grandes causes de perte de la biodiversité est l’introduction d’espèces venues d’ailleurs et qui, sans prédateurs, deviennent des espèces invasives et concurrencent la faune et la flore locales. La France avait déjà subi la présence des ragondins perforant les berges de nos canaux, les écrevisses américaines et les grenouilles – taureaux supplantant les espèces locales dans les marais et récemment les coccinelles japonaises vendues comme pesticides biologiques et qui supplantent maintenant nos bêtes à bon Dieu nationales.Le nouveau venu est un coléoptère, un digne représentant de la grande famille des cucurlionidae, qui est la famille des charançons. Mais pas de la taille de nos charançons hexagonaux !
Le Rhynchophorus ferrugineus , plus connu sous le nom de charançon rouge des palmiers, est lui plutôt de la taille du hanneton commun, et mesure en moyenne 35 mm et 12 mm de large.
Ce coléoptère est originaire de l’Asie du Sud-Est où il est connu pour causer des ravages dans les plantations de cocotiers et autres palmiers à huile. L’insecte aux élytres brun-rouge a un long rostre incurvé, un peu plus long chez les femelles que les mâles. La femelle pond de 200 à 300 œufs à la base des jeunes palmes ou dans les blessures des palmes et des troncs. Les œufs éclosent de 2 à 5 jours après et ensuite les larves brun-jaune ravagent l’intérieur des troncs et mesurent jusqu’à 5 cm, de quoi nourrir les naufragés de Koh-Lanta dans les jeux de Denis Brogniart !
Le problème est que, bien souvent, il est bien trop tard pour intervenir quand on s’aperçoit de la présence de ces coléoptères nuisibles ! Les arbres perdent toutes leurs palmes et les troncs pourrissent de l’intérieur. Parvenu via l’Iran et le Moyen-Orient dans le sud de l’Europe, le charançon rouge a déjà décimé les palmiers dans les régions de Malaga, Valence, Palerme, Naples et l’on peut redouter que les palmiers de la promenade des Anglais tout comme ceux d’Hyères ne soient rapidement plus qu’un lointain souvenir au rythme où l’insecte, capable de voler sur de longues distances, poursuit son inexorable progression.
Comme si ça ne suffisait pas, les palmiers font également l’objet des attaques d’un autre ravageur, le papillon Paysandia archon, genre de noctuelle d’11 cm d’envergure venue d’Argentine et, qui introduit accidentellement en Europe, a déjà causé des dommages aux palmiers d’Hyères et de Montpellier. On ne connaît aucun prédateur local capable d’endiguer son invasion pour le moment.
… De sombres jours s’annoncent pour les palmiers, même si les gelées se font de plus en plus rares avec le réchauffement planétaire en cours…
